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Alpes : à la recherche d'un équilibre entre loups et éleveurs

Alpes : à la recherche d'un équilibre entre loups et éleveurs

Article publié par La Provence mercredi 17 octobre 2012

Alpes, Pyrénées, Vosges, Jura, Massif Central... Le loup étend sa présence et coûte 10 millions d'euros par an.

Loup y es-tu ? Le refrain de la comptine ne berce désormais plus grand monde dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ni les éleveurs, dont les troupeaux ont une nouvelle fois alimenté la chronique ; et les estomacs des canidés. Ni les élus qui reconnaissent désormais que le plan loup, défini pour la période 2008-2012, a atteint ses limites avec des procédures administratives à la fois restrictives et contraignantes.

C'est dans cette optique que Delphine Batho, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, a installé le GNL. Le Groupe national loup sera présidé par Christophe Castaner, député de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, et dont le prédécesseur, Daniel Spagnou, était déjà rapporteur de la précédente commission.

Son objectif : la définition et l'adoption d'un nouveau plan de gestion. "Ce plan devra prendre en compte l'évolution de la présence du loup", a détaillé la ministre. "Si la protection du loup n'est pas négociable, le maintien de l'élevage est un enjeu décisif. Le nouveau Plan loup devra donc s'inscrire dans une phase de gestion et de régulation avec des objectifsd'élevage que nous voulons absolument préserver."

En ouverture de cette première session de travail, le député maire de Forcalquier a fait part de son sentiment "que le gouvernement veut rechercher aujourd'hui des solutions nouvelles pour trouver un point d'équilibre entre la nécessaire protection du loup et le maintien de l'élevage." C'est précisément pour cela qu'il a accepté cette périlleuse mission. Sachant que depuis son élection, il n'a pas manqué d'aller aux contacts des éleveurs. Ni de se réunir avec le préfet, décisionnaire en la matière (conformément au plan précédent).

Michel Papaud qui avait d'ailleurs appelé de ses voeux la définition d'un nouveau plan, estimant que "la régulation et l'idée d'un plafond de prélèvement sont illogiques vis-à-vis du loup comme de l'éleveur." Autrement dit, lorsque les conditions de protection sont remplies mais que la pression du loup se maintient, il ne serait pas inconcevable de passer directement au tir de prélèvement.

Même si le prochain plan loup ne sera validé qu'en mars 2013 (avec un pré-projet à définir d'ici la fin de l'année), la tendance semble être à l'assouplissement. En ouverture de la première réunion du GNL, Christophe Castaner a donc immédiatement déclaré que "le loup est aujourd'hui une menace pour l'élevage et le pastoralisme". Joint hier (lire ci-contre), le député n'hésite donc pas à parler de "l'échec des deux premiers plans loups" et de "la nécessité d'aider les éleveurs en renforçant la protection." Et de rappeler que c'est la première fois que l'on parle de "gestion et de régulation" du loup au sein d'un ministère de l'Écologie.

Un signe fort. Un argument décisif, pour accepter la proposition de Delphine Batho et de Stéphane Le Foll (ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt) de les représenter au sein du GNL. Histoire d'essayer là où, jusqu'à présent, tout le monde a échoué.

Damien FROSSARD