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Le loup indésirable dans le Parc national des Cévennes et le Mercantour

Le loup indésirable dans le Parc national des Cévennes et le Mercantour

Article publié par Le Parisien le 19 octobre 2012

Après les éleveurs, les Parcs nationaux partent en guerre contre le loup. Alors que le Parc national des Cévennes demande des tirs de défense contre le loup, une traque a été autorisée vendredi pour tuer un deuxième prédateur dans le Mercantour.

Le Parc national des Cévennes (PNC) a donc tranché contre le loup. Après un débat «très dense», jeudi à Florac (Lozère), avec ses administrateurs, le PNC a décidé «à la quasi-unanimité que la présence du prédateur n'est pas compatible avec les techniques d'élevage mises en œuvre sur le territoire du parc», indique Jean de Lescure, le président cité par Midi Libre. «L'agropastoralisme produit de la biodiversité. Nos systèmes d'élevage produisent de la biodiversité. La présence du loup remettrait en cause cette biodiversité. Nous avons donc fait notre choix» précise le président du PNC.

Dans les faits, le Parc national des Cévennes souhaite être reconnu comme zone d'exclusion pour le loup et demande des tirs de défense dans la zone cœur, qui ne sont pas autorisés aujourd'hui.

Dans le même temps l'offensive contre le loup est également lancée aux abords du Parc national du Mercantour. Après l'élimination par balle d'un loup en juin dernier, une seconde traque au prédateur est ordonnée dans le haut pays par la préfecture des Alpes-Maritimes. Destinée à calmer la colère des éleveurs et à diminuer le nombre d'attaques sur leurs troupeaux, cette nouvelle opération élargit le périmètre d'action. Elle concerne désormais dix-sept communes, de la Vésubie à la haute vallée du Var.

Le 6 juin 2012, près d'Utelle, une louve avait déjà été tuée sur ordre de l'État. La jeune femelle avait été atteinte d'un tir de soixante-dix mètres, alors qu'elle s'apprêtait à croquer un agneau. Depuis, la pression des anti-loups sur les pouvoirs publics ne cesse de croître. Le mois dernier, le député Charles-Ange Ginésy a déposé ainsi une proposition de loi visant à permettre les tirs jusqu'en zone cœur du Parc national du Mercantour.

«On veut faire disparaître les sanctuaires de protection de la nature»

L'association nationale Ferus, spécialisée dans la défense des grands prédateurs, s'insurge contre l'orientation que semble prendre le gouvernement à l'issue de la dernière réunion du Groupe National Loup du 16 octobre 2012 à laquelle elle a participé. Ferus s'étonne que «seules des mesures à sens unique et anti-loups ont été évoquées dans la cadre du prochain Plan d'action national sur le loup». Et l'association de poursuivre: «on nous propose scandaleusement d'autoriser les tirs dans les zones centrales des parc nationaux sous prétexte que la prédation serait trop forte. En clair, on veut faire disparaître les sanctuaires de protection de la nature qu'ils sont censés être.» Ferus condamne ces orientations: «Nous dénonçons surtout l'esprit dans lequel on semble bien préparer le prochain plan loup dont l'orientation principale est à l'évidence d'abattre le maximum de loups.» Le plan loup actuellement en vigueur va expirer fin 2012 et un nouveau est attendu pour 2013/2017.