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Seconde traque au loup dans le Mercantour

De gros moyens pour une seconde traque au loup dans le Mercantour

Article publié par Le Parisien vendredi 19 octobre 2012


Pour tuer un deuxième prédateur dans le Mercantour, les gardes-chasses peuvent intervenir sur 17 communes, utiliser une arme avec lunette de visée, tirer de nuit et à partir d'un véhicule.

Après l'élimination par balle d'un loup en juin dernier, une seconde traque au prédateur est ordonnée dans le haut pays par la préfecture des Alpes-Maritimes. Destinée à calmer la colère des éleveurs et à diminuer le nombre d'attaques sur leurs troupeaux, cette nouvelle opération élargit le périmètre d'action. Elle concerne désormais dix-sept communes, de la Vésubie à la haute vallée du Var.

Pour tenter d'abattre un second loup, gardes-chasses et lieutenants de louveterie disposent, en outre, de moyens renforcés. Dotés de carabines à canon rayé munies de lunettes de visée, ils sont autorisés à tirer de nuit, à l'aide d'un projecteur lumineux et à partir d'un véhicule.

« Une mascarade »

Hostile à ces opérations « inutiles et inefficaces », l'association naturaliste Férus dénonce une « mascarade ». « Avant la fin de la saison d'estive des moutons, déplore-t-elle,l'État veut absolument atteindre le quota de onze loups, le nombre maximal d'animaux susceptibles d'être éliminés en 2012 dans l'arc alpin. Dans les A.-M., il faut donc tuer un autre prédateur coûte que coûte. Quitte à intervenir simultanément sur un vaste territoire fréquenté par trois, voire quatre meutes. »

Dans son arrêté, le préfet a anticipé les critiques. « Dans les dix-sept communes,note-t-il, les mesures de protection(des troupeaux)et d'effarouchement(de leur pire ennemi)n'ont pas servi à grand-chose. Dans cette zone, le nombre d'attaques a augmenté de 28,5 % en un an. Il s'agit de dommages exceptionnels mettant en grande difficulté les exploitations ».

Le cœur du parc reste à l'écart

Le 6 juin 2012, près d'Utelle, une louve avait déjà été tuée sur ordre de l'État. La jeune femelle avait été atteinte d'un tir de soixante-dix mètres, alors qu'elle s'apprêtait à croquer un agneau. Le monde agricole avait applaudi... du bout des doigts. « C'est bien, mais pas suffisant », avait lancé Michel Dessus, président de la Chambre d'agriculture 06. « Cela ne changera pas grand-chose », avait ajouté Bernard Bruno, patron du syndicat ovin. Depuis, la pression des anti-loups sur les pouvoirs publics n'a cessé de croître, alors qu'en parallèle la cote de Canis lupus continuait à pâlir. Le mois dernier, le député Charles-Ange Ginésy déposait ainsi une proposition de loi visant à permettre les tirs jusqu'en zone cœur du parc national du Mercantour. Le texte, de l'avis général, a peu de chances d'être voté. Prudent, le dernier arrêté préfectoral a cependant rappelé l'interdiction d'intervenir dans ce sanctuaire. Et pour que les choses soient bien claires, il l'a inscrite dans l'article 1er en caractères gras et l'a surlignée.