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Alpes-Maritimes - Le préfet n'envisage pas de prolonger "la traque au loup"

Alpes-Maritimes - Le préfet n'envisage pas de prolonger "la traque au loup"

Article publié par Nice Matin vendredi 2 novembre

À l'occasion d'une interview dans le Mercantour, Christophe Mirmand s'est également exprimé sur les incidents de l'été dernier entre des agents du parc et des habitants du haut pays

Montagnard et sportif aguerri, le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Christophe Mirmand, a rendu visite pour la première fois aux agents du parc du Mercantour. À ces fonctionnaires meurtris par les polémiques de l'été dernier, il a mis un peu de baume au cœur en soulignant le lien fort qu'il comptait tisser avec eux, comme il l'a fait avec le parc de la Vanoise lorsqu'il était préfet de Savoie.

En même temps, il s'est dit très attentif aux préoccupations du monde agricole et au maintien de l'élevage en altitude. « Personne ne pourrait se satisfaire d'une montagne sans pastoralisme. »

Quel doit être le rôle d'un parc ?

En zone cœur, il a vocation à servir de sanctuaire, à protéger les espèces. C'est aussi un formidable outil, grâce à l'expertise et au savoir-faire de ses agents, pour favoriser des projets d'excellence environnementale et développer l'aire d'adhésion. C'est toute la philosophie de la démarche de cette charte.

Des communes menacent pourtant de se retirer de cette zone d'adhésion, à défaut de pouvoir quitter l'ensemble du parc...

En ont-elles réellement l'intention ? La charte est perçue, à tort, comme une extension de la réglementation (stricte) de la zone cœur. Alors qu'elle met en œuvre une vision consensuelle et partagée d'un territoire.

Que pensez-vous des incidents de l'été dernier entre des locaux et des agents du parc ?

Pour l'un d'eux, lié à un constat d'attaque de loup, il est inadmissible qu'un agent public ait été agressé physiquement (par un berger, ndlr). Même s'il y a chez les éleveurs un sentiment d'exaspération qui interpelle l'État. S'agissant des autres incidents, les agents doivent faire preuve de pédagogie et de discernement. En même temps, leur vocation à relever de mauvais comportements doit être acceptée. Pour 500 000 visiteurs, ces fonctionnaires rédigent moins de 100 procédures par an.

Certains ont-ils pêché par excès de zèle ?

Dans toute activité de police, il faut faire preuve de fermeté, mais également de discernement lorsque l'infraction est mineure. L'exercice n'est pas simple.

Ce mois d'octobre, la seconde campagne d'élimination d'un loup n'a rien donné. Allez-vous la prolonger ?

A priori non, mais je ferais une évaluation de la situation avec l'Office de la chasse. À partir du moment où il n'y a plus d'éleveurs dans les alpages, je ne pense pas nécessaire de reconduire cet arrêté. Ce qui n'empêchera pas d'autres campagnes de tir en 2013.

Pour des associations naturalistes, il faut à tout prix tuer au plan national onze loups et atteindre ainsi le quota 2012...

On n'est pas là pour faire un score, un carton, mais pour faire baisser la pression sur les troupeaux. On n'est pas dans une logique de régulation de l'espèce, du moins pas à ce jour.

Ces mêmes opposants dénoncent des tirs « inefficaces et stupides... »

Le prélèvement d'un loup en juin dernier à Utelle a, semble-t-il, donné de bons résultats. Depuis, le nombre d'attaques sur les troupeaux du secteur aurait baissé.

Philippe Pierini