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DROME-ARDECHE Des chiens patous contre les loups

DROME-ARDECHE Des chiens patous contre les loups

Article publié par Le Dauphiné Libéré le 3 novembre 2012

Bruno Thirion, formateur de l'association "La Pastorale pyrénéenne" (association au service de la protection des troupeaux), basée à Saint-Gaudens dans la Haute-Garonne, est venu leur apporter son expérience sur le chien de protection.Ils ont l'air doux comme des agneaux, les patous ! Les patous ? Mais si, souvenez-vous, ce chien blanc aux allures de grosse peluche, costaud mais avec une bonne tête, rendu célèbre en 1965 par le feuilleton télévisé "Belle et Sébastien".

Et bien, ne vous fiez pas aux apparences ! Ces chiens qui paraissent si paisibles quand on les voit de loin sont l'une des armes que certains éleveurs de moutons ont trouvée pour lutter contre les loups qui sèment la terreur dans les troupeaux drômois et ardéchois. Gare également aux promeneurs qui s'approchent trop près de ces protégés.

Protéger coûte que coûte le troupeau, la mission délicate des patous

Mardi et mercredi 30 et 31 octobre, la Direction départementale des territoires (DDT) de la Drôme, à Die, a proposé à une dizaine d'éleveurs drômois et ardéchois de suivre une formation à l'utilisation de chiens de protection pour leurs troupeaux. Bruno Thirion, formateur de l'association "La Pastorale pyrénéenne" (association au service de la protection des troupeaux), basée à Saint-Gaudens dans la Haute-Garonne, est venu leur apporter son expérience sur le chien de protection.

En ce début d'après-midi, rendez-vous est donné chez Fanny Christophe, éleveur d'ovins et de caprins à Menglon pour un exercice grandeur nature. Chez elle, deux patous veillent sur le troupeau depuis trois ans. Soudain, comme un tourbillon, les moutons et les chèvres s'affolent. L'intrus, le border collie de Bruno Thirion qui joue le rôle du loup pour l'exercice, est immédiatement repéré. Dans le parc, sous les aboiements rauques des deux patous, les bêtes se regroupent. Ni une, ni deux, les patous déboulent à toute allure en aboyant sur l'étranger. Obéissant au doigt et aux coups de sifflets, le border, rampant le long du grillage de l'enclos, s'arrête net. « Vous voyez, ils ont montré de l'agressivité mais elle n'est pas injustifiée. Ils défendent leur territoire et n'ont fait que leur boulot. Leurs copains, ce sont les moutons et ils veillent sur eux. »

Les éleveurs acquiescent... Mais pointent aussi « les mille misères » que leur causent les patous. « Ils sont ingérables ! », peste Guilhem Lamontallerie qui élève 600 bêtes à Boulc. « Ils font des dégâts dans les bergeries, causent des soucis auprès des touristes l'été mais, aujourd'hui, il faut admettre que c'est sans doute une bonne solution pour lutter contre les attaques du loup. »

Protéger coûte que coûte le troupeau, sans pour autant effrayer randonneurs et chiens de compagnie, telle est la mission délicate des patous. En gros, être ni trop gentil, ni trop méchant. Ni sauvage, ni domestique. Sacrée chienne de vie.