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Strasbourg veut continuer de protéger le loup en Suisse

Environnement

Strasbourg veut continuer de protéger le loup en Suisse

Le statut de protection du loup en Europe ne sera pas rétrogradé. Le comité permanent de la Convention de Berne a débouté la demande de la Suisse. Le WWF et Pro Natura en appellent à une politique pragmatique.

La Suisse ne compte qu'une douzaine de loups sur son territoire ces dernières années et cette population ne grandit pas contrairement à ce qui se passe en France notamment. Cette année, la première meute suisse a été observée dans le massif grison du Calanda. Il s'agit d'une famille qui compte deux ou trois louveteaux.Le Comité permanent de la Convention de Berne a rejeté mardi la demande de la Suisse d'une modification de cette Convention permettant de formuler des réserves sur la protection du loup.

La motion Fournier à l'origine de la requête prévoyait que la Suisse quitte la Convention en cas de refus. Le WWF et Pro Natura en appellent au pragmatisme. Le loup fait partie des «espèces de faune strictement protégées» (annexe II de la Convention de Berne)

La Suisse souhaitait modifier l'article 22 de la Convention de Berne pour pouvoir formuler des réserves par rapport à son statut de protection, rappelle l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Pour le Comité permanent, l'article 9 de cette Convention suffit pour aborder les problèmes liés au loup en Suisse et dans les autres pays d'Europe. La Convention a élargi les interprétations possibles de l'article 9 en 2011. Celui-ci prévoit des dérogations à la protection stricte des espèces qui figurent à l'annexe II, notamment pour prévenir des dommages jugés importants.

Nouveaux instruments

«L'OFEV a tenu compte de ces nouvelles interprétations possibles lors de la modification de l'ordonnance sur la chasse. Cette dernière prévoit la possibilité de réguler la population de loups en cas de dégâts trop importants et si celle-ci est durablement établie, ce qui n'est pas encore le cas», a expliqué Christine Hofmann, directrice suppléante de l'OFEV.

Pour Strasbourg, «l'interprétation de Berne est compatible avec le statut actuel de protection du loup en Suisse. Le Comité permanent ne veut pas que le loup soit moins protégé qu'avant au niveau européen», a-t-elle ajouté.

Motion Fournier

À l'origine de la demande helvétique à Strasbourg, la motion du conseiller aux Etats valaisan Jean René Fournier (PDC) exige que la Suisse se retire de la Convention de Berne si sa demande de formulation de réserves est déboutée.

«Le Département fédéral de l'environnement, des transports et de la communication (DETEC) va rapporter la décision de la Convention au Parlement. Celui-ci devra décider s'il maintient sa décision ou si les mesures prises entre-temps dans le cadre de l'ordonnance sur la chasse sont suffisantes», a précisé Mme Hofmann.

Pragmatisme

Pro Natura et le WWF Suisse notent pour leur part que l'Union européenne (UE) s'était aussi prononcée contre la demande helvétique, bien que des pays comme la France comptent beaucoup plus de loups.

S'agissant de la motion Fournier, après le verdict «très clair» qui a été rendu, la Suisse doit désormais «réfléchir et décider si, pour un problème touchant seulement une douzaine de loups, elle souhaite vraiment refuser de signer un accord comme la Convention de Berne, largement reconnue au plan international».

Au lieu de «mener des combats symboliques», Confédération et cantons devraient plutôt mettre en œuvre une politique pragmatique, estiment les deux ONG.

Plus de fonds nécessaires

«Il faut beaucoup plus de fonds pour assurer la protection des troupeaux et promouvoir la volonté politique d'appliquer des solutions constructives», explique Mirjam Ballmer, responsable de projet Politique de protection de la nature chez Pro Natura.

La population de loups en Suisse - 15 à 20 individus selon l'OFEV - est très restreinte et n'a pas grandi au cours des dernières années, contrairement à la progression enregistrée dans d'autres régions comparables en France, relèvent encore les deux ONG. (ats/Newsnet)

Source ATS du 27 novembre 2012