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Les éleveurs de montagne de la Drôme en colère contre le loup

Les éleveurs de montagne de la Drôme en colère contre le loup, reçus par le Préfet

Article publié par Kairn.org le 5 décembre 2012

Hier matin, environ 150 éleveurs se sont retrouvé devant la Sous-Préfecture de Die. Une vingtaine de représentants associatifs et syndicaux ont été reçus environ 2h30 par le Préfet et le sous-préfet afin de remettre une pétition et d'exprimer leur colère face aux prédations des loups.

La situation des éleveurs face aux grands prédateurs devient de plus en plus difficile et « Les éleveurs du Haut-Diois « ne veulent pas mourir en silence » selon le Dauphiné Libéré « Nous voulons lui dire aussi que nous sommes contre le projet de zonages du Plan Loup 2013. On veut aussi obtenir plus facilement l'autorisation des tirs de défense" (autorisations individuelles accordées aux éleveurs pour protéger leur troupeau), rajoute Micheline Falcon interrogée par le quotidien régional qui publie également un diaporama. Et l'éleveuse poursuit : « Indemnisés, voilà ce que l'on entend trop souvent. Mais alors pourquoi de nombreux éleveurs font leur valise les uns après les autres ? Et vous ne pensez pas que les éleveurs sont attachés à leur bête ? »

Aucune décision ferme du gouvernement

Pour France 3 Rhône-Alpes : "Face aux attaques répétées des troupeaux, les éleveurs accusent le prédateur et demandent au gouvernement des mesures pour pouvoir intervenir pendant une attaque de loup. Ce matin, ils ont remis une pétition au sous-préfet. Les nouvelles dispositions du gouvernement sont attendues dans le courant du mois de janvier, dans la perspective du nouveau plan national d'action sur le loup, qui doit succéder au plan actuel 2008-2012 ».

Xavier Beulin, président de la FNSE (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) n'avait pas mâché ses mots selon ce que rapporte le Dauphiné Libéré du 25 novembre : « Il ne faut pas avoir peur du mot régulation », ...... « Le nouveau gouvernement semble être plus à l'écoute, mais ils ne prendront aucune décision ferme ».....« Il faut pourtant l'éliminer, cela ne peut plus durer »

Lettre ouverte aux ministres

A l'issue de cette manifestation de Die, plusieurs organisations associatives et syndicales, dont celle de José Bové (1), ont adressé une lettre ouverte aux Ministres de l'Écologie et du Développement durable et de l'Énergie, de l'Agriculture, de l'Intérieur. Les signataires lancent un appel : « Ne laissez pas à ceux qui ne sont concernés ni dans leur travail ni dans leur cœur le droit de décider de notre avenir et de celui de nos troupeaux »..... « La République Française et son gouvernement préfèreront-ils appliquer des Textes Européens obsolètes et inadaptés plutôt que de laisser ses enfants éleveurs et bergers exercer leur travail ? » Et, comme José Bové il y a quelques mois, ils n'utilisent pas la langue de bois : « les loups en situation de prédation doivent systématiquement être éliminés en priorité par un corps sous dépendance de l'Etat (ONCFS, Louveterie) qui disposent des moyens adéquats et par des éleveurs ou bergers ayant le droit de tir ».

Prolifération

Ils rappellent également la problématique de la prolifération et de la reproduction en prenant exemple sur le problème du sanglier : «Les loups sont après les sangliers l'espèce qui croit la plus vite, 29% chaque année il faut réagir avant d'être débordé par le nombre comme pour les sangliers. Mais au contraire, avec des procédures longues et complexes, rendant inopérants les tirs de prélèvement ou les battues, avec des quotas incompatibles avec la réalité de terrain et inaccessibles (11 prélèvements accordés 3 réalisés en 2012 + 2 braconnage ou accident), tout est mis en œuvre pour que les loups puissent se reproduire en toute tranquillité ». Puis ils rappellent quelques textes législatifs qui obligent l'Etat pour finir par cette question également posée par les pyrénéens confrontés à l'ours : « QUE VOULONS-NOUS FAIRE DE CES TERRITOIRES DE MONTAGNE ? »

Louis Dollo