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L'animal photographié dans le Gers est bien un loup

Troncens et sa région

L'animal photographié dans le Gers est bien un loup

Article publié par La Déphe le 13 décembre 2012

«L'examen des photographies nous amène à conclure à l'identification d'un canis lupus». C'est ainsi que dans un rapport publié récemment, l'Office de la chasse affirme que l'animal photographié fin novembre dans le Gers est bien un loup.

D'où vient-il ? Des Alpes, des Pyrénées espagnoles où vivent quelques centaines de ses congénères ibériques ? Mystère. Toujours est-il que l'animal photographié le 20 novembre dernier dans un champ enneigé près du village de Troncens dans le Gers, à quelques encablures des Hautes-Pyrénées, est bien un canis lupus . Un loup.

Haut sur pattes, un museau long et des oreilles courtes, l'extrémité de la queue de couleur noire, plutôt costaud. C'est ainsi que Yannick Leonard, un expert responsable du réseau de suivi du loup dans les Alpes, décrit, dans un rapport établi à partir de la photographie et publié récemment, la bête solitaire. Mâle, femelle ? On l'ignore.

Que faisait-il dans le Gers ?

Le loup a déjà été vu en Lozère, près du parc national des Cévennes, mais aussi dans l'Aveyron ou le Massif Central. D'autres pensent l'avoir aperçu dans l'Aude, l'Ariège. Il aurait été repéré dans les Hautes-Pyrénées. Dès 1999, sa présence est avérée dans les Pyrénées-Orientales.

«Nous sommes certains qu'ils proviennent des Alpes. En effet, des indices relevés sur place dans les Pyrénées-Orientales par des agents de l'Office national de la chasse ont été analysés et il se trouve que le génotype est similaire à celui d'autres individus vivant dans le Mercantour, un secteur qui a été notamment colonisé par des loups venus des Abruzzes italiennes» explique un responsable de l'ONF de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Dans le Gers, c'est la première fois qu'un animal est repéré avec certitude. Pourquoi le loup ne coloniserait-il pas des territoires où il était autrefois présent et où le gibier sauvage ne manque pas ? D'autant que selon plusieurs spécialistes, les fleuves ou les autoroutes ne constituent pas des obstacles infranchissables pour cet infatigable et discret marcheur qui peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour.

S'il n'a pas voyagé en solitaire depuis le parc du Mercantour, pourrait-il venir des Pyrénées espagnoles ou existe une sous-espèce endémique - canis lupus signatus - de taille légèrement plus petite que le loup européen.

Selon Yannick Andreas, l'hypothèse la plus probable est celle d'un loup ayant quitté une des nombreuses meutes qui vivent dans les Alpes. «C'est dans la biologie de l'espèce de coloniser des territoires. Comme il n'y a pas de meutes à proximité, il va se déplacer fréquemment», explique-t-il. Le loup gersois pourrait donc encore faire parler de lui.

«D'habitude, on voit des sangliers»

Artisan à Marciac, dans le Gers, Jean-François Langlois est un amoureux de la photographie et de la nature. Lorsque, le 20 novembre dernier, il a aperçu dans un champ près de son domicile, sur la commune de Troncens, ce qui pouvait passer pour un gros chien, il a immédiatement pensé à un loup. «J'ai une fille âgée de 12 ans, avec laquelle nous sommes souvent allés dans des zoos. Nous aimons également regarder les émissions animalières. La forme arrondie du dos, la façon de se déplacer le museau près du sol et cette manière de mettre sa queue entre ses pattes, je n'avais que peu de doutes», explique-t-il.

Les résultats du rapport d'expertise de l'Office national de la chasse ne l'ont donc pas surpris. Loin d'être inquiet de savoir qu'un loup croise dans les parages de sa maison, Jean-François Langlois ne boude pas son plaisir.

«D'habitude, on voit des sangliers, des ragondins ou des chevreuil. C'est peut-être la seule fois de ma vie que j'aurai vu un loup en liberté», dit-il.

S.B