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La proposition d'Alain Bertrand divise en Lozère

Loup : la proposition d'Alain Bertrand divise en Lozère

Article publié par le Dauphiné Libéré le 3 février 2013

Le texte a été adopté au Sénat en première lecture mercredi, mais le problème est loin d'être réglé.

Les Lozériens ont souvent l'occasion de se plaindre de décisions prises à Paris. Le département n'a d'ailleurs plus qu'un député et un sénateur pour le représenter dans la capitale. Mais pour une fois, c'est bien un Lozérien qui a donné le ton aux élus nationaux. Alain Bertrand a ainsi réussi mercredi à faire adopter par le Sénat sa proposition de loi visant à créer des zones de protection renforcée contre le loup (207 voix contre 131 après trois heures de débat). Une première qui fait sa fierté mais qui a agacé le gouvernement, et notamment sa ministre de l'Écologie Delphine Batho. Partisane d'une "cohabitation" entre l'homme et l'animal, elle a mis en avant que le nouveau plan Loup (2013-2017) qui "construit des solutions nouvelles avec tous les acteurs" allait être finalisé ce mardi et entrera en vigueur "avant l'estive".

Le ministre s'empare du sujet

Pour certains détracteurs de la proposition de loi, le plan Loup annule donc purement et simplement l'effet du vote. C'est notamment la position de l'État. En visite à Mende jeudi, Pierre de Bousquet de Florian, le nouveau préfet de Région a ainsi renvoyé le sénateur dans les cordes : "M. Bertrand a exprimé une sensibilité, on peut dire ça comme ça... Mais le ministère s'est emparé du sujet avec le plan Loup". Des associations de défense de l'animal s'en réjouissent, à l'image de Ferus. Pour elle, le sénateur mendois "veut sans doute montrer à ses électeurs qu'il veut exclure le loup de la Lozère, alors qu'il s'agit du département le moins peuplé avec la plus grande couverture forestière, et donc tout à fait apte à recevoir le loup".

"Inapplicable" selon Morel-à-l'Huissier

De l'autre côté, on pose le problème différemment. "Cette proposition renvoie à un décret en conseil d'État. Mais il ne le prendra jamais parce que c'est inapplicable", a ainsi estimé le député Pierre Morel-à-l'Huissier, pour qui "ça a la vertu d'avoir posé le problème mais ça n'y répond pas". Favorable aux tirs administratifs, il juge que la convention de Berne protégeant le loup en tant qu'espèce en voie de disparition est sans doute dépassée. "La population va augmenter et la présence du loup est incompatible avec l'agropastoralisme", conclut-il. La Coordination rurale, elle, préfère saluer l'avancée et le "courage des sénateurs qui ont su dépasser les clivages politiques dans l'intérêt des éleveurs. Reste à savoir si les députés sauront prendre de la hauteur et ne pas tomber dans le piège des environnementalistes...", ajoute-t-elle.

Le dossier est en tout cas loin d'être refermé, tant sur le terrain que dans les arcanes du pouvoir. Et même dans les tribunaux. Vendredi, la Fédération des chasseurs de Lozère, qui s'estime accusée d'avoir tué un loup a ainsi porté plainte pour "dénonciation calomnieuse et infraction imaginaire".

FABIEN HISBACQ