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Les chasseurs mobilisés contre le loup en Haute-Savoie

HAUTE SAVOIE/CHASSE Prêts à réagir... si le loup pointe le museau

Article publié le 2 février 2013 par Le Dauphiné Libéré

Dans la salle de réunion de la maison de la chasse et de la faune sauvage, à Villy-le-Pelloux, ils sont une petite quinzaine, attablés, à écouter attentivement leur formatrice. Sur l'écran, défilent des questions à choix multiple.

Ces éleveurs haut-savoyards sont en train de réviser leurs connaissances pour passer le permis de chasse.

C'est la fédération des chasseurs de Haute-Savoie qui a eu l'idée de proposer une formation "express" aux éleveurs confrontés à la présence du loup, une première en France : « Nous leur proposons une formation condensée sur une journée, avec une partie théorique le matin et une partie pratique l'après-midi sur un stand de tir, détaille Éric Coudurier, adjoint au directeur de la Fédération. Cela leur ouvre la possibilité de se présenter à l'examen du permis de chasse. »

Pour ma majorité de ces éleveurs, le but n'est pas de chasser, mais bien d'être en mesure de protéger ses bêtes en cas d'attaque de son troupeau, « À condition bien sûr, qu'ils en aient obtenu l'autorisation officielle par la direction départementale du territoire précise André Mugnier, président des chasseurs haut-savoyards. »

Une première en France

En cas d'attaques répétées du grand prédateur et, pour peu que les mesures de protection requises aient été mises en place, la préfecture peut en effet délivrer une autorisation de tir d'effarouchement ou de défense à un éleveur : « S'il est titulaire du permis de chasse, il peut le faire lui-même, indique André Mugnier. Sinon, il doit faire appel à une personne compétente (garde, louvetier, chasseur agréé,...).» D'où la volonté de ces éleveurs de se former pour pouvoir, le cas échéant, défendre leur bétail.

La majorité des stagiaires est peu familière des armes à feu. Pour certains, c'est même une totale découverte.

En une journée, ils vont pourtant devoir apprendre à reconnaître le gibier, découvrir le fonctionnement d'une battue en ligne au sanglier et acquérir les réflexes de sécurité lors de la manipulation d'un fusil de chasse. « En France, il n'y a qu'un permis de chasse, explique Éric Coudurier. Les règles sont donc les mêmes pour tous et on aura les mêmes exigences envers eux qu'envers n'importe quel chasseur. »

Sur le stand de tir d'Orcier, à Sillingy, les stagiaires prennent pour la première fois fusils et carabines en main. Ils doivent apprendre à manipuler leur arme, à vérifier les canons, gérer leurs cartouches. Ils apprennent comment et où pointer son arme. Leur formatrice n'est pas là pour leur apprendre à viser, mais plutôt quand ne pas tirer : « Jamais en direction d'une silhouette, d'une route, d'une maison... » les règles sont nombreuses... et strictes : « Si vous ne les respectez pas, ce sera l'élimination directe le jour de l'examen » les prévient-elle.

Éleveuse de chèvres à Onnion, Anne Duperron n'a pas encore croisé le loup, « mais il n'est pas loin, explique-t-elle. Alors forcément, on y pense. » Elle qui n'avait jamais touché une arme et avoue ne pas avoir envie de chasser une fois son permis en poche est venue se former « parce qu'il est important de pouvoir se défendre. » Mais avant ça, il lui faudra encore réussir l'examen officiel cette semaine.

Ce premier stage devrait être organisé à nouveau l'an prochain. Une quinzaine de volontaires se sont déjà manifestés.

11h

Dans les locaux de la maison de la chasse et de la faune sauvage, les "stagiaires" révisent la législation de la chasse, y compris celle de la chasse à l'arc ou à l'arbalète. Photo DL/S.B.

14h

Anne Duperron, éleveuse de chèvres à Onnion, n'avait jamais mis la main sur un fusil. Elle découvre les règles de manipulation des armes à feu pour être prête à faire face au loup. Photo DL/S.B.

15h

En juin, le troupeau de bovins de Jérôme (à g.) et Christian (à d.) Cotterlaz-Ranard s'est jeté d'une falaise, peut-être paniqué par un loup. Père et fils sont donc venus se former, au cas où... Photo DL/S.B.

par Stéphane BOUCHET le 02/02/2013