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Bertrand content de son impact sur le plan Loup

Bertrand content de son impact sur le plan Loup

Article publié le 6 février 2013 par Midi Libre

Le sénateur de la Lozère estime que le ministère a tenu compte de sa proposition de loi adpotée au Sénat.

Il ne boude pas son plaisir. Le sénateur-maire de Mende, Alain Bertrand, a pris connaissance hier, en fin d'après-midi du contenu du plan Loup 2013-2017 présenté au ministère du Développement durable. Et il estime avoir obtenu "l'effet recherché". "Le plan Loup reprend les termes que j'ai utilisés dans ma proposition de loi : la territorialisation des mesures et les zones de protection renforcée", note le sénateur.

Mercredi dernier, son texte était adopté en première lecture au Sénat. Un texte "inapplicable" pour une partie des opposants au projet de loi. Parce que les décisions devaient se prendre au niveau du ministère dans la définition du nouveau plan Loup. Aujourd'hui, Alain Bertrand relève surtout que son texte n'est "pas incompatible". "Il y en a qui disent que c'est inapplicable. On n'a qu'à faire de lois sur rien, alors ! Moi je ne suis pas pour la résignation. La loi appartient au législateur", répond-il, laissant à d'autres le soin de s'emparer du dossier : "J'ai fait mon travail. Je suis sénateur, c'est passé au Sénat". Sous-entendu, c'est désormais aux députés de faire passer son texte.

"J'attends pour faire confiance"

Mais il restera vigilant. "Ils ont tenu compte de ma proposition, mais j'attends pour faire confiance", prévient-il, précisant : "Delphine Batho (NDLR : la ministre du Développement durable) m'a ignoré purement et simplement la semaine dernière. Et le ministre de l'Agriculture m'avait dit qu'il ne fallait pas faire de loi, qu'il fallait attendre le plan Loup." Il le répète : "Ce nouveau plan n'empêche nullement la mise en œuvre de ma proposition de loi".

Une proposition pas toujours sur la même ligne que le plan Loup. "Il y a des incongruités. Ils ne peuvent pas s'en empêcher", s'est plaint le sénateur, évoquant les échelles d'intervention graduées en fonction de la menace. Il y est question de tirs de défense à l'aide d'une arme à canon lisse (peu précise, donc peu mortelle pour le loup). "Et pourquoi pas avec une sarbacane ou une fronde avec des boules de papier ?", s'exclame-t-il.

Un tiers du pays bientôt concerné

Ce n'est d'ailleurs pas son seul grief. Il en profite pour rappeler que le premier plan Loup "n'était pas satisfaisant". "J'ai redit au Sénat qu'on était passé de 736 attaques en 2008 à 1 414 en 2011. On a abouti à une explosion des dommages. Pas loin du tiers du pays sera bientôt concerné. Si le précédent plan Loup avait fonctionné, on aurait abouti à une cohabitation apaisée et pas à la haine", estime Alain Bertrand, avant de conclure sur le plan actuel, avec sa faconde habituelle : "C'est une pâle copie de ma proposition tempérée par des groupes de pression qui croient défendre le loup et qui en font le malheur..."

FABIEN HISBACQ


Morel : "Le loup est incompatible avec l'élevage."

"Tout ce qui concerne l'équilibre entre l'agropastoralisme et le loup va dans le bon sens, réagit le député Pierre Morel. Mais il faut s'interroger sur la remise en cause de la convention de Berne. Le loup est-il encore une espèce en voie de disparition ? En France, il faut que le gouvernement prenne conscience que le loup est incompatible avec notre type d'élevage. Il faut donc une régularisation. Que le loup fasse sa vie, mais pas trop."

Quant à savoir s'il votera la loi Bertrand l'assemblée nationale, le député prévient :"Elle n'a aucune chance d'aboutir. Car pour qu'elle le soit, il faut que le gouvernement pose un décret d'application et puisqu'il est contre cette loi, cela n'arrivera pas ! En revanche, il faut dire au gouvernement français de demander un assouplissement et la possibilité de déroger à la protection des espèces."

Du côté des pro-loup, Adrien Pouchalsac retient avant tout la consultation publique qui sera lancée en mars prochain. "D'un côté, on élargit les possibilités de tir, pour donner du sucre aux éleveurs, mais la consultation montrera que le public est massivement en faveur du loup. Donc, ils seront coincés." Membre de l'association de protection des loups, il poursuit : " Aujourd'hui, il faut s'appuyer sur un tourisme vert authentique avec un territoire sauvage qui vit avec le loup. On est face à deux camps, ceux qui ont la canne aux pieds et ceux qui ont le fusil aux pieds."