French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse Et maintenant la Meurthe-et-Moselle ?

Et maintenant la Meurthe-et-Moselle ?

Massacre d'ovins à forcelles-saint-gorgon Loup : et maintenant la Meurthe-et-Moselle ?

Article publié par Le Républicain Lorrain le 14 mars 2013

Un troupeau d'ovins a fait l'objet d'une féroce attaque dans la nuit de dimanche à lundi, à 30 km au sud de Nancy. L'éleveur penche pour un règlement de comptes. L'ONCFS étudie la piste du loup.

Cinq brebis tuées dans le pré. Deux autres mortes à la suite d'une collision routière. Une huitième sur le point de mettre bas avortée. Douze autres euthanasiées après de graves blessures. Onze blessées encore en danger suite à des morsures au cou et aux pattes. Et 340 bêtes indemnes, mais terrorisées et éparpillées façon puzzle.

Voilà la vision apocalyptique découverte lundi par Benoît Gille, éleveur à Forcelles-Saint-Gorgon, à 30 km au sud de Nancy. Le bilan témoigne de la violence du combat. « Il restait pour une semaine de pâturage mais le piétinement y a été tel que je n'y ai plus rien », confie l'éleveur, dépité. Il habite à deux kilomètres de là mais n'a rien entendu du massacre de ses brebis de grande valeur puisque de race shropshire.

Les faits se sont produits à seulement 50 km de Midrevaux, dans l'ouest vosgien, où le loup a déjà été photographié à plusieurs reprises. Les agents de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) prennent l'affaire très au sérieux. Pendant deux jours, ils ont ratissé le champ de bataille à la recherche du moindre indice. « Seule une empreinte nous a interpellés », raconte Daniel Adrian, chef de service. Nature des blessures, profondeur des lésions, écartement des morsures pour calculer l'emprise de la mâchoire, tout a été consigné, l'équipe a également examiné avec attention les dépouilles et le mode opératoire.

Un lâcher de chiens ?

L'ensemble du dossier devrait parvenir aujourd'hui à Alain Laurent, spécialiste du réseau Loup-Lynx pour le Grand Est. Ses conclusions – « loup certain, loup probable ou loup exclu » – devraient être connues en milieu de semaine prochaine. Pour l'ONCFS, il s'agit en tout cas d'un « grand canidé ». La même expression avait été employée pendant cinq mois dans les Vosges avant qu'une photo ne vienne attester de la présence du loup.

« Compte tenu de la profondeur des lésions, c'est forcément un animal à forte stature, pas un teckel. Et dans les Vosges, l'affaire avait débuté par un massacre de douze brebis. Ce n'est donc pas une hérésie », poursuit Daniel Adrian. Détail troublant, les abats rouges, dont le loup est friand, n'ont pas été consommés. Ce qui entraîne Benoît Gille vers une autre piste, plus crapuleuse.

L'éleveur, qui est aussi magnétiseur, affirme qu'il « dérange le monde agricole par ses méthodes avant-gardistes bio-organiques. » Il penche pour un règlement de comptes sous forme de lâcher de chiens. Une semaine plus tôt, une partie de son troupeau, « en cure d'oligoéléments » dans la bergerie, avait pu s'échapper suite « au cisaillement des liens en plastique des barrières. » Le lendemain, il avait trouvé la clôture d'un de ses champs « à plat sur 100 mètres le long de la voie ferrée. » Une loi des séries trop troublante pour être honnête. La gendarmerie de Vézelise mène l'enquête.

Philippe MARQUE.