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La préfète à la rencontre des exploitants locaux

La préfète à la rencontre des exploitants locaux

Article publié par La Provence le 7 mai 2013

Parasites, onglons, temps de traite : question élevage et production, la préfète Patricia Willaert en connaît un rayon ! "Pas plus que ça. Je m'intéresse, c'est tout", confie-t-elle modestement. Ses précédents postes de sous-préfète en Haute-Savoie, Alsace, Vendée et Île de France, l'ont tout de même amenée à côtoyer le milieu agricole.

Hier après-midi, elle a visité trois exploitations. À Thoard tout d'abord, celle d'ovin-viande d'Alexandre Féraud avec lequel divers points ont été évoqués, dont l'identification électronique, mais surtout, le problème du loup. Face au prédateur, les éleveurs sont inquiets car l'estive approche, alors que le plan loup, lui, semble en stand-by. Plus aucune nouvelle en effet depuis fin 2012. La préfète indique qu'elle réunira le comité départemental loup le 24 mai pour pouvoir articuler à la fois la protection des troupeaux et la défense contre la prédation.

"On attend la mise en place de ce plan qui sort dans quelques semaines et qui aura une application départementale évidemment, avec une riposte graduée aux attaques sur les alpages, et une simplification accrue pour les éleveurs qui sont quand même très impactés", assure-t-elle.

Un beau challenge réussi

Le cortège composé de membres de la Chambre d'agriculture, de la FDSEA et des JA, de la directrice de la DDT et de la Safer, a ensuite pris la route de l'élevage caprin de 140 chèvres situé à Barras où ils ont été accueillis par Juli Schmid-Raset. Ce dernier s'est lancé en 2005 dans la transformation fromagère avec vente directe à des grossistes.

"Lorsqu'on a de la volonté, des idées et un véritable savoir-faire, on peut réussir", constate avec satisfaction Bernard Savornin. Aujourd'hui en effet, le jeune Catalan a pu embaucher trois salariés et un apprenti et la lactation moyenne de son troupeau est de 800l/chèvre. "Un bel exemple de réussite d'élevage hors sol, de qualité, et une belle production en circuit court par quelqu'un qui n'était pas issu du milieu agricole", note la préfète.

La visite s'est achevée un peu plus bas dans la vallée, à l'Asa de Pré Bouvet où il a été question cette fois d'irrigation et de gestion quantitative de l'eau.

Un département tonique

La vision de l'agriculture bas-alpine de Mme Willaert, fraîchement nommée à Digne, est incomplète. Ces visites sur le terrain ont donc l'avantage de lui offrir un éclairage différent des préoccupations des uns et des autres, et lui permettent de pondérer une vision acquise à travers ses dossiers. Si elle ne demande qu'à découvrir la production de lavande et lavandin qu'elle connaît encore mal, elle a déjà pu constater que "notre département est tonique et qu'il a bien su utiliser ses atouts".

Question atout, la nouvelle préfète pourrait bien en être elle-même un excellent pour toute la filière agricole. Jean-Paul Comte, président de la FDSEA, est totalement conquis : "C'est la première fois qu'un préfet me dit « une truie porte trois mois, trois semaines et trois jours... » Elle est pointue dans tous les domaines. Notre chance est qu'elle est passionnée. Je pense qu'elle va donner tout ce qu'elle peut au niveau l'agricole". Une interlocutrice de choix donc.

Marie-France Bayetti