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Vosges : le loup fait partie du paysage

Vosges : le loup fait partie du paysage

Article publié par Le Républicain lorrain le 4 juin 2013

Arrivé en avril 2011 dans les Vosges, le loup y a pris ses quartiers. Trois individus y sont encore signalés. Si l'espèce gagne du terrain, elle épargne pour l'instant les autres départements lorrains.
Il y aurait au moins trois loups présents dans les Vosges. Deux dans le massif de La Bresse et un en plaine, près de Grand.

LE LOUP EST-IL TOUJOURS DANS LES VOSGES ?

La réponse est oui. Plus que jamais. Depuis avril 2011 et les premiers cas relevés au Ventron, les attaques n'ont jamais cessé sur le département. Rien qu'en 2013, 22 constats ont d'ores et déjà été établis pour une trentaine de brebis tuées. Il y en avait eu 89 en 2012, pour un tableau de chasse s'élevant à 150 ovins.

COMBIEN Y-A-T-IL DE LOUPS ?

Au moins trois. C'est le chiffre officiel communiqué par les autorités depuis maintenant plus d'un an. Les attaques sont, en effet, réparties sur deux foyers bien distincts. D'une part le massif, dans le secteur de La Bresse. Et d'autre part la plaine, à une vingtaine de kilomètres de Neufchâteau, autour de Grand.

Dans le premier, la présence de deux individus est attestée depuis un moment déjà. Des traces dans la neige ont été relevées les deux derniers hivers. Et ils ont été entendus distinctement cet été lors d'une campagne à cet effet. On devrait connaître prochainement leur sexe. Le détail a son importance dans la possibilité de constitution d'une meute.

Quant aux nombreuses attaques relevées dans la plaine, elles sont pour les autorités l'œuvre d'un individu solitaire : « Nous avons réussi à prendre une dizaine de clichés de l'animal et il apparaît qu'il s'agit à chaque fois du même », plaide Benoît Clerc de l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage).

LE LOUP EST-IL AILLEURS EN LORRAINE ?

Officiellement non. Mais à l'image du nuage de Tchernobyl, rien n'empêche l'espèce protégée de franchir la frontière. Les agents de l'ONCFS des départements voisins des Vosges ont d'ailleurs suivi une formation pour s'y préparer. Mais pour l'heure, ils n'ont pas eu à l'appliquer. Le massacre perpétré en mars dernier à Forcelles-Saint-Gorgon, à 30 km au sud de Nancy, serait l'œuvre d'un chien (Lire RL du 14/03). En Moselle ou en Meuse, aucune attaque suspecte n'a été relevée. Même si dans ce dernier département, un promeneur en chien de traîneau affirme avoir vu l'animal et ses traces du côté de Ligny-en-Barrois.

ET DANS LES RÉGIONS VOISINES ?

Si les autres départements lorrains semblent épargnés, la Champagne-Ardenne ne peut pas en dire autant. Plusieurs attaques ont été relevées en Haute-Marne, à proximité de la plaine vosgienne déjà concernée. « La présence du loup ne peut pas être confirmée, mais elle est probable », indique le directeur du cabinet du préfet de Saint-Dizier. Encore plus récemment, du 21 au 31 mai, quatre attaques ont été relevées dans l'Aube, à la frontière avec la Haute-Marne. « Mais dans la première, aucun ovin n'a été tué et seules des morsures ont été relevées alors que dans la dernière, dix brebis ont été tuées. Dans les deux cas, ce sont des comportements qui ne ressemblent pas aux loups », précise Bertrand Baillard, sous-préfet de Bar-sur-Aube. Plus à l'Est, la présence de l'espèce protégée est attestée dans le Valais, à quelques kilomètres de la Franche-Comté. Là encore, il n'y a aucune raison que l'animal ne bascule pas côté français. La Lorraine pourrait alors être totalement cernée.
Philippe MARQUE