French Dutch English German Italian Russian Spanish

Revue de presse

Accueil Revue de presse Aube - Faut-il crier au loup dans le Barsuraubois ?

Aube - Faut-il crier au loup dans le Barsuraubois ?

Faut-il crier au loup dans le Barsuraubois ?

Article publié le 3 juin 2013 par l'Est Eclair

Les trois attaques en moins de dix jours font courir l'hypothèse de la présence d'un loup. Mais s'agit-il bien de cet animal ? Des experts se prononcent

Y'a-t-il un loup dans l'Aube ? C'est la question que tout le monde se pose, suite aux attaques, menées à un peu plus d'une semaine d'intervalle, contre des troupeaux de moutons, à Colombé-le-Sec et à Lignol-le-Château. Si, jusqu'à présent, l'Office national de la chasse et la sous-préfecture de Bar-sur-Aube ont fait preuve d'une extrême prudence, reste que - bien que ce ne soit pas l'hypothèse privilégiée par les spécialistes - la piste du loup ne peut être écartée.

Un loup solitaire venu des Vosges ?

Officiellement, le nombre de loups en France serait de 250. Contrairement à une idée répandue, le canis lupus n'a pas été réintroduit par l'homme. Il est arrivé de l'Italie, principalement par le massif alpin, et sa présence dans notre pays est avérée depuis 1992. Depuis, l'animal a essaimé sur une partie du territoire, depuis le Parc du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes, jusque dans les Cévennes et le massif central.
À l'heure actuelle, l'association Ferus, chargée de la conservation de l'ours, du loup et du lynx, fait état d'au moins trois loups dans le massif vosgien.
Se peut-il que l'un de ces individus ait traversé la Haute-Marne, où des attaques similaires ont été constatées, pour venir jusqu'à nous ? Les deux experts à qui nous avons posé la question ne l'excluent pas, tout en restant prudents. « A priori, je pencherais plutôt pour des attaques de chien errant. Mais il n'est pas impossible que ces attaques proviennent d'un loup solitaire », admet Philippe Huet*, écrivain et spécialiste du loup.
À un an, les dernières portées se font éjecter par les adultes de la meute. Charge aux jeunes loups de trouver un territoire susceptible de les accueillir. Si la bête qui cause depuis une dizaine de jours des dégâts parmi les troupeaux de moutons est bel et bien un loup, ce serait, selon ce spécialiste, un individu, sans doute jeune, à la recherche d'autres compagnons.
Dans l'ouest vosgien, où la présence d'au moins un loup est avérée, plusieurs attaques ont été commises sur des troupeaux ne faisant l'objet d'aucune protection. Pour Anthony Kohler, vice-Président de l'association Férus, cette absence de protection incite le loup à chercher sa nourriture auprès des troupeaux domestiques, plutôt que d'aller chasser le grand gibier. Sur les territoires où cohabitent éleveurs et loups, des mesures de protection ont été prises, comme la mise en place de clôtures électriques, la présence d'un chien de montagne (comme le patou), ou la présence humaine. Une enveloppe de huit millions d'euros, allouée par l'État, permet d'aider les éleveurs à mettre en place ces moyens de protection, en sachant que « 70 % de cette enveloppe finance des emplois de bergers », précise Anthony Kohler, pour couper court à toute critique relative au coût du loup.

Traces d'ADN

Pour déterminer la présence d'un tel animal sur un territoire, l'étude des morsures ou des traces de pattes ne suffit pas. Seule l'analyse ADN, pratiquée sur des poils ou des crottes laissées près des cadavres de moutons, permettra de valider l'hypothèse de la présence du canidé dans le département.
Pour autant, précise le vice-président de l'association Ferus, si l'analyse est pratiquée, « il faut encore attendre de trois à six mois pour en connaître les résultats. » En attendant, la bête risque encore de faire parler d'elle.

* Philippe Huet est l'auteur notamment du Monde des loups, paru aux éditions Hesse

 

 

Un élevage de brebis de nouveau attaqué à Colombé-le-Sec

 

Article publié par France3 le 2 juin 2013

 

Loup ou chien errant ? La réponse à cette question n'est pas encore connue. Mais l'inquiétude monte parmi les éleveurs du Barsuraubois.

De nouvelles victimes d'un prédateur, à Colombé-le-Sec © Laurent Meney - France 3 Champagne-Ardenne

Jean-Baptiste Schreiner, propriétaire de quelques 130 brebis, a eu 11 brebis blessées dont 4 grièvement mercredi dernier. Le prédateur a récidivé dans la nuit de jeudi à vendredi : l'éleveur a retrouvé 5 de ses animaux tués, et 7 autres blessés.

Le loup est-il de retour ? Il s'agit de la 4ème attaque dans le secteur en un an. Des loups venant des Vosges sont suspectés, mais il n'y a encore aucune certitude. Des prélèvements ont été opérés par l'ONCFS (office national de la chasse et de la faune sauvage) ce vendredi pour tenter de déterminer qui en est à l'origine.

Loïc Beunaiche