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Une soixantaine de loups recensés dans les Alpes-de-Haute-Provence

Une soixantaine de loups recensés dans les Alpes-de-Haute-Provence

Article publié par le Dauphiné Libéré le 21 juin 2013

Dans les Alpes-de-Haute-Provence, « il y a autant de loups seuls qu'en meute », observe Yves Derbez, éleveur en Ubaye, qui compte une soixantaine d'individus au total.

À l'orée de la saison estivale, les brebis s'apprêtent à rejoindre les pâturages d'altitude. La météo capricieuse a retardé leur montée en estive et accordé un délai de répit aux éleveurs, qui redoutent la recrudescence des attaques du loup. 40 attaques et 104 victimes ont été répertoriées depuis le début de l'année dans le département des Alpes-de-Haute-Provence par l'association Éleveurs et montagne. La préfecture convient du nombre d'attaques mais ne déclare que 61 victimes. C'est moins que l'année dernière à la même époque, pour des raisons climatiques uniquement.

Des meutes en évolution

Éleveur en Ubaye, Yves Derbez se garde de tout triomphalisme : « En 2012, il y avait également moins d'attaques au début de la saison estivale, mais elles ont augmenté durant l'été pour finalement dépasser le bilan antérieur. » En 2012, 267 attaques ont fait 1 000 victimes. Désormais, « le loup est partout » conviennent les éleveurs, plus particulièrement dans « les Monges, le Haut-Verdon ainsi que de nouveaux secteurs du sud du département, sans que les loups suivent les troupeaux à proprement parler », indique la préfecture. « Et il y a autant de loups seuls qu'en meute », observe Yves Derbez, soit une soixantaine d'individus au total. Le loup solitaire serait le plus dangereux, insoumis à l'ordre hiérarchique de la meute donc plus opportuniste.

Entre 23 et 29 loups composent cinq meutes résidant dans le département. La reproduction est possible avec en moyenne deux à quatre louveteaux par meute. Les équipes se restructurent en fonction des ressources disponibles et colonisent les territoires. Ainsi, des analyses génétiques ont mis en évidence la réorganisation de la meute Trois Evêchés-Bachelard constituée de cinq individus, issue de la fusion entre les meutes Haut-Verdon-Bachelard et Trois Evêchés-Ubaye. La meute Parpaillon-Ubaye, avec ses trois à cinq loups, résulte de la scission des deux meutes du Béal Traversier et celle du Parpaillon opérée dès 2007. Elle règne désormais en maître sur la vallée jusqu'à la frontière italienne. Le déplacement de certaines meutes a été observé, comme celle du Grand Coyer en direction du sud-ouest, mis en lumière par le suivi de reproduction ayant confirmé la présence de louveteaux et le suivi hivernal ayant permis de recenser cinq individus.

Une présence à plus basse altitude

Bien que le massif des Monges reste un territoire de prédilection avec la présence de la meute éponyme formée de cinq à sept individus, les loups se déplacent désormais à des altitudes plus basses. Leur passage a été remarqué dans le secteur de la Haute-Bléone, entre la meute des Trois Evêchés-Bachelard et celle du Grand Coyer. Il pourrait s'agir d'un simple itinéraire entre les deux groupes, ou d'une nouvelle implantation.

Enfin, un loup a été vu dans le massif Lure-Ventoux, un mâle, ce qui confirme les craintes des éleveurs sur l'offensive de sa colonisation. Yves Derbez redoute ainsi le moment où « il aura compris qu'il peut se régaler dans les plaines ». Le loup s'est d'ailleurs octroyé une mise en bouche au mois de décembre 2012 à Barrême, avec trois attaques simultanées sur un territoire qui n'avait jamais été la cible du prédateur auparavant.
par Katy CANTAGREL