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Vosges : le loup remet le couvert

Vosges : le loup remet le couvert

Article publié par le Républicain Lorrain le 4 juillet 2013

En moins de deux mois le loup a déjà sévi sept fois à La Bresse. Les victimes sont une dizaine de brebis appartenant à l'éleveur Jean-Yves Poirot. Le Bressaud est désarmé face à ces nouvelles attaques.
Pour Jean-Yves Poirot, éleveur à La Bresse, les années se suivent et, malheureusement, se ressemblent. Son cheptel, réparti sur cent hectares, se compose de 350 brebis et leurs agneaux, dix-huit vaches limousines allaitantes et une dizaine de chevaux de selle. Pour la troisième année consécutive, l'agriculteur est victime du loup. La perte est, une fois de plus, dramatique puisqu'une dizaine de brebis sont tombées sous les dents du canidé.

Début mai, le printemps de retour, Jean-Yves Poirot sort ses brebis de la bergerie et les répartit dans plusieurs parcs. Dont un est gardé par un chien de race patou. Deux jours plus tard, un spectacle d'horreur s'offre aux yeux du Bressaud. Des cadavres gisent au beau milieu du troupeau de brebis terrorisées. Les jours passent, une deuxième attaque se produit, puis une troisième... jusqu'à cette dernière agression, dans la nuit du 16 au 17 juin. La septième.

Pourtant, cette dernière attaque de mi-juin a été commise dans un endroit clos et gardé par le patou. Le bilan est lourd : une brebis morte, deux blessées qui n'ont pas survécu et une rescapée victime de plusieurs morsures. « En plus, elle a un œil crevé, sans doute a-t-elle été prise de panique et en tentant de s'échapper elle s'est blessée dans le grillage ? Je ne sais pas si elle pourra s'en sortir », précise, dépité, Jean-Yves Poirot qui poursuit en supposant que « l'attaque aurait été plus importante sans la présence du patou. » Alors que faut-il en conclure ? « Probablement, deux loups étaient présents. Un distrait le chien pendant que le second passe à l'attaque. » L'agriculteur est conscient que le patou ne sera jamais efficace à 100 %. Le loup est intelligent. Quand bien même, le chien reste un réel moyen de dissuasion.

Inepties

« On est mal barré. Le loup est mieux protégé que les éleveurs. Il faudrait presque le caresser et lui dire : '"vas-y". On est face à des inepties », lâche Jean-Yves Poirot, l'air furibond. Certes, les éleveurs perçoivent une compensation, pour chaque perte d'animal, à hauteur de 90 € pour un agneau, un peu plus de 100 € pour une brebis. « Et toutes les femelles qui sont là stressées. Elles ne donnent pas naissance l'année suivante. C'est une grosse perte que personne ne dédommage. Les résultats financiers sont à la baisse : ce n'est pas grave. Des naissances d'agneaux en moins : ce n'est pas grave non plus. Ça va être compliqué de continuer dans ces conditions. Rien n'est compensé réellement », ajoute, exaspéré, l'éleveur bressaud. « Il faut savoir ce que l'Etat veut faire de nos montagnes. Des parcs bien entretenus ou des friches ? A un moment, il faut dire les choses en face. »

« On n'a pas à subir un animal sauvage qui vient nous emmerder. Je ne demande pas l'éradication du loup, je demande simplement à défendre mon travail. Sans taper sur les chasseurs, il faut faire le nécessaire pour que le loup reste dans la faune sauvage. Du gibier, il y en a et il est à tout le monde. En revanche, les moutons sont aux éleveurs », note Jean-Yves Poirot qui a repris l'exploitation créée par son père, Gilles, en 1981. « Tout le travail qui a été fait pendant des années. Tout ça pour rien, ça dégoûte. »

Laurence MUNIER.