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Les écologistes et les éleveurs crient au loup

Les écologistes et les éleveurs crient au loup

Article publié le 10 juillet 2013 par 20 Minutes

Signé le 16 mai par le gouvernement, le plan loup 2013-2017 facilite les dérogations aux interdictions de destruction de loups et porte de 11 à 24 le nombre de loups pouvant être abattus en 2013-2014. «Insuffisant» pour Michel Curt, président de l'association des éleveurs et bergers du Vercors : «Ils nous donnent 24 loups à tirer alors qu'on a eu du mal avec 11 l'an passé. On n'est pas des chasseurs. Certains bergers peuvent le faire mais on rechigne à leur donner les autorisations. Quant aux dérogations, elles seront accordées quand le loup aura déjà mangé un demi-troupeau. On demande aux gardes de faire leur travail.» Selon lui, «la cohabitation est impossible : un loup sur une montagne, c'est un loup de trop. »

Son collègue Jean-Louis Bernard, berger dans la Drôme, a subi une attaque en 2009 : « J'ai perdu 21 brebis, 23 ont disparu. J'ai été indemnisé pour les bêtes mortes ou blessées mais rien pour les autres. C'est une perte sèche ! Depuis, je suis armé et j'ai pris sept chiens patous.» Pourtant, Pierre Athanaze, président de l'Association de protection des animaux sauvages, veut croire à la «cohabitation entre éleveurs et grand prédateurs, comme en Italie où elle se fait sans souci». L'écologiste trouve le plan «catastrophique. Le loup est plus maltraité qu'une espèce nuisible. Le 18 juin, une louve a été tuée en pleine période de reproduction. En les chassant de loin avec des armes de sniper, on ne verra pas s'il y a un mâle ou une femelle dominants. Ça va déstructurer la meute et forcer le loup, habitué à chasser en groupe, à se rabattre sur des proies faciles, telles les brebis. Cela ne résoudra pas la crise de la filière ovine.»

Manuel Pavard