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La chasse au loup rouverte

La chasse au loup rouverte

Article publié par La Provence le 20 juillet 2013

Face à la multiplication des attaques, le préfet du Var a annoncé qu'il allait faire appel à des chasseurs d'Amérique du Nord et d'Europe de l'Est pour traquer ces prédateurs

Les propos du préfet du Var en ont fait sursauter plus d'un. À des éleveurs qui lui présentaient le cadavre de l'une de leurs cinq chèvres égorgées en 11 mois, à Bauduen, sur les rives du lac de Sainte-Croix, Laurent Cayel a indiqué que la régulation du loup était une priorité, rappelant la hausse des quotas de prélèvement. Surtout, il a annoncé le recrutement de chasseurs de loups à l'étranger.

"À Canjuers, nous avons organisé une battue avec 150 chasseurs en février dernier qui n'a donné aucun résultat. En France, personne ne sait chasser le loup." Et de rechercher donc "des gens spécialisés, pourquoi pas en Amérique du Nord ou en Europe de l'Est". Dans l'immédiat, un tir de prélèvement est annoncé en septembre.

Coordinateur du Plan national loups, le député bas-alpin Christophe Castaner se dit "très surpris" de ces propos. Il rappelle que ce dispositif "a fait l'objet d'un accord de toutes les parties : État, chasseurs, associations de protection..."

Quant à une battue de 150 chasseurs, "c'est illégal". (Aujourd'hui, le tir collectif de défense est autorisé par neuf personnes au maximum sur la zone de protection d'un troupeau dont les moyens de protection sont insuffisants face à des attaques répétées, NDLR). Il faut faire confiance à nos chasseurs locaux et à nos bergers. L'objectif n'est pas de tuer les loups mais de défendre les troupeaux". Et de souligner : "On débute à peine les tirs de défense collectifs, donnons-nous les moyens de voir s'ils suffisent. Si ça ne marche pas, je suis prêt à faire venir les cow-boys et les Indiens", lance-t-il ironiquement".

Rappelant que les troupeaux sont montés plus tard en estives, Mme le préfet des Alpes-de-Haute Provence Patricia Willaert note "une recrudescence des attaques : plus 70 % sur lamême période que 2012. La pression des meutes est particulièrement forte dans les Monges, la Haute-Bléone, le Haut-Verdon et le mont Denier-Chiron. J'ai accordé une autorisation de tir, je devrais en prendre d'autres prochainement. On est sur un dispositif qui ne suscite pas d'autre réponse ; ici, la question du loup ne se pose pas dans les termes évoqués par le préfet du Var".

En visite hier dans les Hautes-Alpes, l'ancien ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a interprété de manière laconique la suggestion du préfet du Var. "Je croyais que nous étions un grand pays de chasseurs !" Il a tenu à réaffirmer ce qui était sa préoccupation en tant que ministre : "Il faut prendre davantage en compte les problèmes des éleveurs ovins durement touchés par le prédateur. Que les tirs et les prélèvements soient autorisés, cela est légitime."

Emmanuelle Fabre