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"Que le loup arrête de faire la peau à nos bêtes!"

"Que le loup arrête de faire la peau à nos bêtes!"

Article publié par Var Matin le samedi 10 août 2013

Un chevreau déchiqueté au cou : « Voilà le travail du loup », s'exaspère Jean-Guy Vitali.
C'est le cri des éleveurs du canton de Rians et des représentants syndicaux, qui dénoncent une augmentation des attaques du prédateur et une situation désormais intenable.

À bout de nerfs. Au milieu de son troupeau, Jean-Guy Vitali gronde. S'exaspère devant les syndicats dont Jean-Pierre Royannez, responsable politique du dossier « prédateurs » à la FNSEA(1), les élus et les médias. « On en a marre de ce bordel. » L'objet de son courroux gît sans vie entre ses mains. « Voilà, le travail du loup !», lâche l'éleveur d'Artigues, désignant le chevreau déchiqueté au cou. Un autre survit à ses pieds. Apathique. Des traces de morsures sur le corps. « On travaille le jour et on veille la nuit avec nos animaux... Ce n'est plus une vie. »

Six cents attaques dans la région

Une situation qui s'aggrave chaque année. « On dénombre déjà plus de trois mille victimes du loup et près de six cents attaques dans la région», relèvent les syndicats qui ont organisé, hier, une journée - le matin dans le canton de Rians et l'après-midi dans les Alpes-Maritimes - pour dénoncer « une situation insoutenable».

«Le matin, on se demande pourquoi on se lève. De toute façon, le loup va manger nos brebis », souffre Jean-Guy Vitali, impuissant. « Ce n'est pas un petit prédateur. Il fait ce qu'il veut...» Les filets de protection ? Inutile. Les patous, chiens de garde ? À moitié efficaces. « Les loups s'adaptent et attaquent à plusieurs ou attendent que le chien fatigue. » « Le plan loup » du gouvernement, qui autorise désormais le prélèvement de vingt-quatre bêtes ? Une avancée certes, mais difficile à mettre en œuvre. Un seul spécimen a été tué au 1er août. « Il est nécessaire de trouver de nouvelles méthodes, comme le tir par hélicoptère et le piégeage, qui doivent être autorisés pour les éleveurs», clament les syndicats.

« Le risque de suicide est important »

Inlassablement, l'animal finit par l'emporter. Et mine le moral des éleveurs. « Nous avons dû mettre en place une cellule de crise psychologique,rapporte Antoine Pastorelli, président varois des syndicats d'exploitants agricoles et président de la MSA Provence Azur. « Le risque de suicide est important. Le nombre de divorces augmente sans cesse. L'éleveur se retrouve complètement isolé et, tous les jours, il n'a que ça en tête.»

« On oppose les bergers aux écolos » « Et le mépris de la société qui ne parle que des indemnités », souffle Francis Solda, président de la Fédération régionale ovine du sud-est. « On est considéré comme des marginaux.» « On oppose les bergers aux écolos», intervient un jeune éleveur. « Alors que nous avons la fibre écolo bien plus que certains qui donnent des leçons...»

« On n'est pas non plus des tueurs de loup», assène un autre. «Le souci, résume Francis Solda, ce n'est pas le nombre de loups tués, mais qu'ils arrêtent de faire la peau à nos animaux !»

 

1. Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles.