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Millau - La présence du loup en débat

Aveyron - Millau - La présence du loup en débat

Article publié par La Dépêche le 23 août 2013

Le loup, c'est une menace que les paysans Sud Aveyronnais prennent très au sérieux. Si dans cette région, aucun troupeau n'a encore été victime d'attaques, la présence du loup est avérée dans la zone. Ainsi, au printemps dernier, un spécimen a été retrouvé mort à seulement quelques kilomètres au nord de Millau, aux alentours de Saint-Germain.

Disparu, il y a plus d'un siècle, on compterait aujourd'hui 200 à 300 loups en France. Une réintroduction de l'espèce qui a vu au fil du temps se multiplier les attaques dans des régions comme l'Ardèche, l'Ariège ou même la Lozère qui comptabilisait en 2012, 35 attaques pour 44 animaux tués. Face à cette menace grandissante, la Confédération Paysanne a décidé de mobiliser et d'ouvrir un dialogue autour de cette question.

«La présence du loup est avérée»

«Il faut être clair, la présence du loup est incompatible avec l'agropastoralisme. C'est un prédateur qui n'a pas de prédation et qui n'hésite pas à attaquer les troupeaux pour se nourrir. Aujourd'hui la présence de cet animal dans le rayon de roquefort est avérée. Mais les politiques publiques sur cette question sont largement insuffisantes», explique Laurent Reversa, de la Confédération paysanne.

Le plan loup coûte chaque année plus de 12 millions d'euros, mais autorise seulement 24 prélèvements, comprenez «abattage de loup», par an sur le territoire. Stéphane Mazars, sénateur de l'Aveyron, et Alain Bertrand, sénateur de Lozère, ont donc présenté une loi prévoyant l'exclusion des loups des zones d'élevage. Une loi approuvée par le Sénat, mais qui aura sûrement plus de mal à passer à l'Assemblée Nationale.

«Il y a eu véritable désaccord entre les élus ruraux et élus des villes sur cette question. Alors que le monde paysan a pleinement conscience des dangers que représente cet animal, les citadins plaident pour une réintroduction des espèces sauvages dans les massifs. Mais ils oublient que des hommes vivent, travaillent dans ces régions, et que c'est en partie de ce travail et de cette occupation qu'elles tiennent leur richesse», argumente Christian Roqueirol, secrétaire national de la Confédération paysanne.

Une polémique qui a poussé les membres du syndicat à organiser une réunion publique, le jeudi 29 août dès 21 heures, à la salle de la Menuiserie, à Millau. La soirée commencera par la projection d'un film «Éleveurs, les morsures invisibles», traitant du traumatisme lié à l'attaque de loups. Puis, Jean Marc Émilian, éleveur en Lozère, victime d'attaques et Thomas Vernay, Berger dans les Alpes viendront témoigner de leur expérience.

La soirée se poursuivra avec une discussion ouverte sur le sujet en présence de Laurent Reversat, administrateur de l'Interprofession de Roquefort, José Bové, député européen, et Stéphane Mazars, rapporteur de la loi au Sénat.