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Alpes : le loup continue de jouer avec les nerfs des éleveurs

Alpes : le loup continue de jouer avec les nerfs des éleveurs

Article publié par La Provence le mardi 27 août 2013

"Je suis content de vous recevoir, mais quelques semaines auparavant, j'aurais refusé. Je vais mieux aujourd'hui car je sais que je vais bientôt redescendre. Peut-être que je ne remonterai pas", explique Julien Giraud, des sanglots dans la voix. L'éleveur craque, il a perdu 14 animaux cette année à la suite des attaques du loup. Ce lundi matin, il a accueilli Patricia Willaert dans son estive, sur les hauteurs de Prads. Une première pour la préfète.

Le décor est grandiose, le chien de berger court joyeusement autour de brebis dociles. Difficile d'imaginer que là-bas, dans les mélèzes du bois de Faillefeu, le danger guette. Julien n'a pas de patous, ces chiens utilisés pour protéger les troupeaux du prédateur : "Je fais visiter mes alpages aux touristes, je ne vais pas prendre le risque qu'ils se fassent mordre."

Ses troupeaux ne sont plus attaqués la nuit, puisque parqués dans des enclos électrifiés. Le loup attaque désormais pendant la journée. "Je suis prêt à vous signer un tir de défense renforcé", réagit la préfète. "Le problème, c'est qu'ils attaquent dans les bois, on ne les voit jamais" répond un éleveur.

"Je ne suis pas devenu éleveur pour abattre des loups"

Julien raconte qu'il aurait pu tuer le loup le 8 août : "J'ai cru voir des chamois alors que je soignais mes bêtes. En prenant mes jumelles, j'ai vu que c'était des loups. Le temps de prendre le fusil et de le charger, ils avaient disparu".

Pour les éleveurs, le plan loup ne suffit pas. Deux loups tués en France sur 24 autorisés en deux mois, le dispositif peine à prouver son efficacité. Tous dénoncent également le nouveau rôle qu'il leur est attribué : "Chasser, c'est un métier, je ne suis pas devenu éleveur pour abattre des loups," lâche Julien, excédé.

"Il faut essayer d'aller au bout des tirs de défense renforcés et limiter la prédation dans le cadre du plan loup," répond inlassablement la préfète. Cette dernière semble comprendre le désarroi des éleveurs. La représentante de l'État n'a pas grand chose de plus à leur proposer, mais assure "faire remonter leurs préoccupations."

Au 20 août, 119 attaques de loup avaient été recensées pour 2013, soit 25 de plus qu'en 2012. En revanche, le nombre de victimes aurait baissé puisque 343 bêtes sont indemnisables contre 404 à la même date en 2012 selon la Direction départementale du territoire.

Pour les éleveurs, ces chiffres ne représenteraient qu'une petite partie du préjudice réel comme le décrit Julien : "Lors de chaque attaque, il y a des brebis qu'on ne peut pas retrouver, car les loups les emmènent en forêt. Sans compter les avortements liés au stress."

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La manifestation de la FDSEA vendredi à Langogne (Lozère)

Ce sont près de 1 600 personnes qui se sont rassemblées vendredi dernier à Langogne, en plein coeur du Gévaudan où on dénombre là-aussi, de nombreuses attaques de loups sur les troupeaux. Chasseurs, éleveurs, agriculteurs, mais aussi de nombreux élus ont pris part à cette manifestation qui a été ferme mais qui s'est déroulée dans le calme. Et on notait même la présence de personnes venues de tout le Massif central, mais aussi des Alpes et des Pyrénées.

A sa tête, Olivier Boulat, président de la FDSEA de la Lozère : "Le plan loup prévoit que l'on puisse abattre 24 loups sur l'ensemble du territoire. Ce n'est pas aux chasseurs de mettre en place ce plan, mais bien à l'Etat et nous exigeons que cela soit fait rapidement. A la mi-septembre, nous voulons qu'au moins 12 loups soient tués. Pour l'instant, un seul a été tué. D'autre part nous exigeons que le loup ne soit plus considéré comme une espèce protégée en révisant la loi", a conclu Olivier Boulat.

Gabriel Haurillon et R.F