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Un Vosgien autorisé à tirer pour défendre ses bêtes

Loup : un Vosgien autorisé à tirer pour défendre ses bêtes

Article publié le 28 août 2013 par L'Est Républicain

Des associations environnementales ont écrit une lettre ouverte au préfet des Vosges pour manifester leur étonnement suite à l'autorisation donnée à un éleveur pour effectuer des tirs de défense contre le loup.
Malgré la présence du chien Patou, l'éleveur Jean-Yves Poirot a subi de nouvelles pertes cette année. D'où sa demande afin d'effectuer des tirs de défense.

 

Epinal. D'après les statistiques, le loup aurait visiblement fait moins dégâts dans le milieu ovin cette année. Que ce soit du côté de La Bresse (où un couple de canidés a été recensé) ou sur la Plaine (présence d'un seul loup), les chiffres laissent apparaître des attaques moins nombreuses.

Ceci dit, le sujet est toujours aussi sensible auprès des groupes environnementaux ou des éleveurs de moutons. Pour preuve, la dernière décision de Gilbert Payet, préfet des Vosges, qui a fait bondir de nombreuses associations.

Levée de boucliers des associations environnementales

Concrètement, le préfet a promulgué, le 19 août dernier, un arrêté autorisant l'éleveur bressaud Jean-Yves Poirot, à effectuer des tirs de défense avec une arme à canon lisse, et ce, dans le cadre de la protection de son troupeau contre le grand prédateur. Car l'éleveur affirme avoir été victime de huit attaques depuis le début de l'année. Au total, 14 de ces bêtes seraient mortes suite à ces prédations. Dans ce contexte, Jean-Yves Poirot a donc demandé une autorisation de tir de défense qu'il a obtenue il y a neuf jours.

Sauf que cette décision a déclenché une levée de boucliers du côté des associations environnementales. Et ces dernières n'ont pas manqué de manifester leur étonnement dans une lettre ouverte envoyée auprès du préfet en début de semaine. Le réseau FERUS (Association militant pour la sauvegarde de l'ours, du lynx et du loup), le GEML (le groupe d'étude des mammifères de Lorraine), Vosges Nature Environnement et Oiseaux Nature ont cosigné ce courrier afin de demander au préfet d'abroger cet arrêté.

« En avril dernier, lors du comité de suivi des grands carnivores, Gilbert Payet a affirmé qu'il n'y avait pas lieu d'autoriser ces tirs au regard de la baisse des prédations. Et là, il décide d'accorder cette autorisation sans aucune concertation avec les différents acteurs de ce comité » lance Anthony Kohler, animateur régional du réseau FERUS.

Le responsable s'interroge tout autant sur l'intérêt du travail effectué au cours des deux années précédentes : « A la suite de ces tirs de défense, si un loup venait à être abattu, ce serait alors trois ans de travail jeté à terre alors que nous tentions de faire cohabiter le canidé et les ovins. »

L'animateur se pose également des questions sur la configuration très particulière de ces prédations. Car, selon ses dires, un seul troupeau aurait été attaqué cette année : un de ceux de Jean-Yves Poirot, surveillé, qui plus est, par un chien Patou. « On ne comprend pas ce qu'il se passe sur cette parcelle », avoue Anthony Kohler qui se demande s'il faut attribuer toutes ces attaques au seul grand canidé.

Face à autant d'interrogations, l'animateur du FERUS vient donc de proposer l'aide des associations afin de comprendre les raisons de ces attaques répétées au même endroit.

Il a même contacté Jean-Yves Poirot pour lui proposer l'installation de pièges photographiques, voire d'éventuelles caméras.

Des pertes indirectes

De son côté, l'éleveur bressaud réfléchit à cette éventualité, mais il considère que cette aide arrive bien tardivement : « Aucune association ne m'a contacté depuis le début de l'année. Ils n'ont pas su se relever les manches avant » rétorque Jean-Yves Poirot qui, malgré ces attaques répétées, ne se considère pas comme le seul éleveur ayant perdu des brebis.

D'après lui, certains de ses collègues ont eux aussi été victimes du loup, « mais il n'y a pas eu d'expertises sollicitées » lâche l'intéressé qui avoue une certaine impuissance face au prédateur, malgré les surveillances, jusqu'ici efficaces, de son chien Patou.

Naturellement, cette situation le fait réfléchir sur son avenir professionnel. Car ses finances sont malheureusement impactées : « Je reçois des indemnisations concernant les brebis qui ont péri. Mais le coût en termes de pertes indirectes s'élève à plus de 5.000 €. Car ces prédations limitent aussi les naissances d'agneaux... »

Sergio DE GOUVEIA