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Millau : Les éleveurs préoccupés par les attaques de loups

Millau : Les éleveurs préoccupés par les attaques de loups

Article publié le 1er septembre 2013 par Midi Libre

Une réunion s'est tenue jeudi soir, à Millau, pour traiter des inquiétudes des éleveurs et passer en revue les solutions politiques envisagées.

Ils étaient 200, peut-être plus, jeudi soir, dans la salle de la Menuiserie, à Millau. Éleveurs pour la plupart, ils sont venus écouter les témoignages de leurs confrères victimes d'attaques de loup, ainsi que les réponses proposées par les différents intervenants.

La soirée a commencé par la projection du film Éleveurs, les morsures invisibles, donnant la parole à quelques agriculteurs touchés de plein fouet par le problème. Corine Emilian, qui officie sur le causse Méjean, a ensuite fait part à l'assemblée d'expériences douloureuses, tout comme Thomas Vernay, qui élevait des chèvres cachemires dans la Drôme avant d'abandonner son exploitation devant les attaques répétées du prédateur. "Ce n'est pas qu'on est contre le loup, mais c'est un métier qu'on ne peut pas partager avec lui", a-t-il regretté, lui qui a vu son troupeau passer, l'an dernier, de 150 à 80 chèvres.

Un projet de loi pour créer des zones de protection renforcées

Le Plan loup, mis en place en mai pour une durée de 4 ans, qui prévoit la possibilité de prélever (donc d'abattre) 24 loups par an a été largement critiqué, notamment par Christian Roqueirol, secrétaire national de la Confédération paysanne. Il a estimé qu'on "ne peut pas transformer chaque éleveur en tireur d'élite", ironisant sur un plan qui a coûté, selon lui, 12 millions d'euros, pour seulement deux animaux tués. "Ca fait cher le loup..."

Stéphane Mazars, sénateur de l'Aveyron et rapporteur d'un projet de loi sur le sujet aux côtés d'Alain Bertrand, sénateur-maire de Mende, a exposé le texte visant à créer des "zones de protection renforcées". Des zones où, s'il est prouvé que la présence du prédateur porte atteinte à l'agro-pastoralisme, que les moyens de prévention ont été inefficaces et que la réponse ne portera pas atteinte à la pérennité de l'espèce, il sera possible de prélever davantage d'animaux.

"Le loup n'est pas en voie de disparition" José Bové

José Bové, député européen Un projet de loi qui a été adopté par le Sénat, et qui attend désormais d'être mis à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Il faudrait pour cela que des députés s'en saisissent. "Peut-être que ce ne sera pas efficace à 100 %, mais on pense qu'il faut territorialiser la réponse. Chaque département doit décider de zones précises où il y a de l'agro-pastoralisme et où on ne veut pas de loup", a précisé Stéphane Mazars.

La parole a ensuite été laissée au député européen José Bové, qui s'est efforcé de prouver que le loup ne devait pas être considéré comme une espèce en voie de disparition, puisque sa population augmentait en France, mais également en Espagne, en Italie et en Roumanie. Déplorant "l'image fantasmée du loup, basée sur une image d'Épinal", il s'est déclaré favorable à une modification de la convention de Berne, ratifiée par la France, faisant du loup une espèce protégée.

"C'est un choix de société. Est-ce qu'on veut des paysans dans les montagnes, sur les causses, dans les Cévennes ?", s'est-il interrogé. Le parlement européen ne devrait pas, selon lui, se pencher de sitôt sur ce dossier, du fait de la proximité des élections - au mois de mai. Une réflexion pourrait, en revanche, débuter par la suite.

La conclusion est revenue à Laurent Reversat, porte-parole de la Confédération paysanne de l'Aveyron, qui a estimé que si des pistes "s'étaient dégagées à la tribune", il était impossible de cohabiter avec l'animal.

HUGO RICHERMOZ