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«En Valais, c'est un peu le Far West»

Loup abattu - «En Valais, c'est un peu le Far West»

Article publié le 4 septembre 2013 par Le Matin

Quatre jours après l'autorisation de tir, le prédateur a été tué dans le Haut-Valais. Une mort qui ne résout rien, selon les détracteurs de cette «solution».

Ils disposaient d'un délai de 60 jours, il n'en a fallu que quatre aux gardes-chasse haut-valaisans pour abattre un loup dans la vallée de Conches (VS). Jeudi matin dernier, le conseiller d'Etat Jacques Melly délivrait une autorisation de tir suite à la mort de 39 moutons sous les crocs du loup entre le 21 juillet et le 24 août. Un tir qui a eu lieu dans un pâturage lundi soir, alors que le canidé s'attaquait à des moutons. Deux individus mâles – «M35» puis «M38» – ayant été identifiés dans la région durant l'été, reste à présent à savoir lequel a été abattu. Une réponse que devraient donner les analyses du Tierspital de Berne, où la dépouille a été envoyée.

Mais du côté des opposants à cette autorisation de tir, on dénonce une issue «fatale inutile». Le WWF, par son représentant dans le Haut-Valais, Kurt Eichenberger, a critiqué sévèrement «un abattage du loup qui est une erreur et une action à courte vue. En Valais, on croit encore que le fusil est une réponse au grand prédateur. Le canton s'empêche ainsi de recourir à de véritables solutions.»

Une analyse que partage Jean-Pascal Fournier, président des Verts valaisans. «Il n'y a qu'en Valais que la présence du loup aboutit à des tels dénouements. Dans d'autres régions, comme les Grisons par exemple, la même situation se gère à travers des mesures efficaces de protection des troupeaux et tout se passe bien. C'est une question de mentalité. Ici, certains politiciens, notamment dans le Haut-Valais, agitent les éleveurs à des fins probablement électoralistes. Evidemment que trouver ses moutons abattus, pour un éleveur, cela ne doit pas être facile. Et les indemnisations doivent être à la hauteur du préjudice. Mais le retour naturel du loup est inéluctable et il est illusoire de penser que l'on est sur une île et qu'on pourra empêcher son installation par des tirs. On a parfois l'impression qu'en Valais c'est un peu le Far West. Il faut se donner les moyens de trouver des solutions durables. Avec ce tir, on ne sait même pas si c'est le loup que l'on recherchait qui a été abattu.»

Une observation partiellement confirmée par Peter Scheibler, chef du Service de la chasse de l'Etat du Valais. «Le Concept Loup veut que dans le cas d'une autorisation de tir, on se concentre sur un périmètre bien défini où le loup a été observé et a fait des dégâts. Mais tant que les analyses ne sont pas faites, nous ne serons pas certains qu'il s'agit de «M35», «M38» ou d'un autre individu. Cependant, mon observation des précédents tirs m'a montré que dans le passé les loups abattus étaient toujours ceux incriminés dans les attaques de troupeaux.»

Reste que si d'autres canidés demeurent en Valais, ils pourront dormir quelque temps sur leurs deux oreilles. Le Plan Loup autorise le tir d'un loup et pas obligatoirement de celui qui a tué des moutons. Quant à celui abattu lundi, après analyse il sera empaillé et il appartiendra à l'Etat de décider de son sort, probablement dans un musée cantonal comme ses «prédécesseurs».

Melina Schröter