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Le loup passe à l'attaque à la limite de la Meuse

Lorraine- la colère d'un agriculteur

Le loup passe à l'attaque à la limite de la Meuse

Article publié le 12 septembre 2013 par Le Républicain Lorrain

Un troupeau de brebis a été attaqué dans la nuit de lundi à mardi, à Cirfontaines-en-Ornois dans la Haute-Marne. L'agriculteur meusien, qui a perdu sept bêtes, envisage d'arrêter l'élevage. Le prédateur a tué sept brebis qui devaient prochainement mettre bas dans un pré.

«On a vraisemblablement affaire à un loup. Le rapport des agents ONCFS (l'office national de la chasse et de la faune sauvage) ne laisse guère de doute », assure Nicolas Regny, le directeur de cabinet du préfet de la Haute-Marne. Dans la nuit de lundi à mardi, un agriculteur meusien domicilié à Bonnet a perdu sept brebis gestantes (elles allaient mettre bas en novembre) lors d'une attaque du prédateur à de Cirfontaines-en-Ornois (52) sur une parcelle située à 12 kilomètres de son domicile.

« Un ami m'a averti que deux de mes brebis gisaient sur le sol. En arrivant dans le pré, j'ai découvert 6 cadavres répartis sur le haut et le bas du pré. 5 égorgés, un autre complètement mangé, il ne restait que les os et les viscères. Le lendemain, une septième bête est morte. Cela m'a fait un choc, j'avais les larmes aux yeux », raconte l'éleveur qui préfère rester anonyme. « Je n'ai pas envie, comme mes collègues vosgiens, d'être harcelé d'appels d'associations pro-loup. Elles veulent que l'on dissémine de la pâtée pour chiens autour de nos prés afin d'éviter les attaques. Un comble ! », persifle-t-il. Pour préserver son cheptel, l'agriculteur a décidé de rapatrier le troupeau attaqué dans un champ à proximité de sa ferme. « C'est nettement moins grand mais au moins ici les bêtes sont à l'abri, mais il va falloir les nourrir avec du foin. » L'éleveur fait une croix sur la réserve d'herbe encore disponible sur la parcelle de Cirfontaines. « Il en avait encore assez pour un petit mois », indique le Meusien.

L'homme de 56 ans n'a pas encore pu évaluer les « dommages collatéraux » de cette sortie du loup sur le reste du troupeau (173 ovins). « Lorsque j'ai rejoint le pré le lendemain de l'attaque, les brebis se sont agglutinées autour de moi comme si elles voulaient que je les protège. Avec tout ce stress, j'ai peur que quelques-unes des brebis perdent leurs petits. »

« Je laisse tomber ! »

Les indemnités versées par l'État en cas d'attaques du loup, une centaine d'euros par brebis tuée, n'atténuent pas la colère du Meusien : « La réintroduction du loup en France, c'est une imbécillité ! Quelque part, en acceptant ces compensations financières, je souscris à l'idée qu'éleveurs et loup doivent coexister. Et ça, je ne peux pas l'accepter. Je réfléchis donc à l'idée de refuser cet argent. »

L'agriculteur envisage même d'arrêter l'élevage qui représente environ 15 % du chiffre de l'exploitation : « Si les autorités n'organisent pas des tirs du prédateur, je laisse tomber ! Après les séries de maladies qui ont touché les ovins de la région, c'est trop. Je vais sans doute remettre en culture les 6 hectares auparavant réservés aux bêtes. »

Avec des agriculteurs haut-marnais, eux-mêmes touchés par des attaques (il s'agirait peut-être de chiens errants), il veut un collectif pour défendre les intérêts des éleveurs. « C'est d'abord à nous de nous bouger pour sauver ce qui peut l'être. »