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Nicolas Dhuicq : « Le loup n'a pas sa place dans l'Aube »

Nicolas Dhuicq : « Le loup n'a pas sa place dans l'Aube »

Article publié par l'Est éclair le 16 septembre 2013

Bar-sur-Aube - Jeudi dernier, le député Nicolas Dhuicq a rencontré les éleveurs dont les troupeaux ont été attaqués par le loup

Vous venez de rencontrer les éleveurs, dans quel état d'esprit sont-ils ?

Nicolas Dhuicq : « Excédés. À juste titre. C'est leur outil de travail, leur vie, qui sont agressés. En quatre mois, avec les animaux qui ont été tués, les indemnisations devraient s'élever à 26 000 €. C'est l'équivalent d'un emploi avec les charges. J'ai contacté le ministre de l'Agriculture après la mi-juillet pour rappeler les promesses d'indemnisation rapide. D'après des informations récentes, les fonds sont en route. La grande question est de savoir si cette indemnisation couvre l'ensemble du préjudice. Il y a 40 à 60 % d'avortement après une attaque et les naissances sont de 50 %, un taux anormalement bas. En quatre mois, c'est 1 % du cheptel de l'Aube qui a été tué. C'est 3 % du cheptel sur une année, si ça continue. La topographie et le mode d'élevage sont complètement différents des zones montagneuses. Les moyens de protection ne sont pas adaptés. Et on ne peut garder les bêtes enfermées. Surtout qu'en plus, la nourriture animale à un coût de plus en plus élevé. »

Ces attaques remettent-elles en cause la filière ?

« Le retour du loup pose une question plus profonde. Quelle est la place de l'homme par rapport à l'animal sauvage ? Nous sommes dans un système fou où l'on dépense de l'argent public pour des indemnisations. Il s'agit d'atteintes aux biens des personnes. À terme, on risque d'avoir des attaques d'animaux de compagnie. Le loup grandit en expérience et à terme n'aura plus peur de l'homme. »

Les éleveurs vont-ils devoir s'habituer à vivre avec le loup ?

« C'est impensable. Nous ne sommes pas dans une zone montagneuse. Ici, la nature n'est pas vide. Les bois et les champs sont de la main de l'homme. On se heurte à la vision de personnes qui considèrent que ce sont des espaces vides et qui constituent une nature agréable. Or, l'homme a été en lutte avec le loup, il l'a éradiqué. Le loup n'a pas sa place dans un département comme le nôtre. Aujourd'hui, il y a de 250 à 300 loups en France. Le taux de reproduction est de 2,3 louveteaux viables par an. Il y aura une croissance mécanique de la population. Aujourd'hui, vingt-quatre individus par an peuvent être tirés. Il faut faire évoluer le cadre législatif européen. Les fédérations de chasseurs doivent pouvoir être autorisées à tuer ces loups. C'est la seule solution. Le repousser ne sert à rien. Il faut donner la priorité à l'homme. Les gens qui sont en contact direct avec la nature le savent bien, on ne peut rien lui imposer. La raison doit nous pousser à la modestie. Le loup est plus fort que l'homme. Si on joue la carte de la cohabitation, c'est nous qui serons chassés. »

En tant que député, quelle action pouvez-vous mener ?

« Je réfléchis à une proposition de loi à ce sujet. Il faut une prise de conscience et éviter les débordements. Il faut définir un cadre de légitime défense pour pouvoir prendre en compte la protection des biens et des personnes. »

Mathieu GIBET