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Procès de Didier Trigance - Revue de presse

Procès de Didier Trigance - Revue de presse

Violences dans le Mercantour : 4 mois avec sursis pour le berger

Article publié par Metronews le 10 octobre 2013

JUSTICE - Alors que le tribunal administratif de Nice vient de suspendre l'autorisation faite aux chasseurs de tuer des loups dans les Alpes-Maritimes, le tribunal correctionnel a condamné ce jeudi le berger pour des violences aggravées sur des agents du parc national du Mercantour venus constater l'attaque dont venait d'être victime son troupeau.Le berger de Saint Martin d'Entraunes a son arrivée au palais de justice de Nice ce jeudi.
Le berger de Saint Martin d'Entraunes a son arrivée au palais de justice de Nice ce jeudi. Photo : M.B./metronews

Le problème du loup s'est invité dans le Vieux Nice ce jeudi. Une centaine de bergers et de représentants de la profession, soutenus par le président de la chambre de l'agriculture des Alpes-Maritimes, se sont réunis sur la place du palais de justice pour soutenir leur collègue, qui comparaissait pour violences. Victime d'une attaque de loup qui avait tué sept de ses moutons la nuit précédente, il s'en était pris physiquement, le 8 août 2012, à deux personnels du parc national du Mercantour venus faire les constatations d'usage en vue de l'indemnisation.

"J'avais une sciatique, je ne pouvais pas rejoindre le troupeau, explique à la barre l'un des agents victime. Comme je connaissais très bien cet éleveur, j'étais prêt à faire un constat sur sa bonne foi. Mais j'avais pas posé mon sac à dos qu'il s'est mis à me hurler dessus, et c'était pas la première fois... Il n'arrêtait pas de me dire qu'il allait tuer les vautours et les loups".

"Moi j'aime les loups"

Un autre agent réplique au berger : "moi, j'aime les loups". Cette remarque provocatrice qui fait sortir de ses gonds le berger. "Il est passé dans mon dos, il a démanché une pioche et s'est rué sur les saisonniers". Il frappe au bras l'un des saisonniers puis l'agent du parc qui tente de s'interposer, rappelle la présidente. "Quand le sang a coulé tout s'est arrêté" conclut l'agent à la barre.

"Je m'excuse de m'être emporté, mais c'est le ras le bol de tout ça" se défend l'éleveur, qui aurait déjà subi 62 attaques de loups. "C'est un agacement, un stress de tous les jours, on dort plus la nuit. Le troupeau stressé c'est comme un bateau dans une tempête, ça peut partir dans tous les sens et le loup en profite". Le parquet a requis "une sanction exemplaire mais pas excessive" contre le berger : quatre mois avec sursis. Le jugement a suivi ces réquisitions. Une décision qui a satisfait pour les deux parties.
Michel Bernouin

 

Loup/Parc du Mercantour - Un éleveur condamné

Article publié par La France agricole le 10 octobre 2013

Didier Trigance, dont le procès a eu lieu jeudi au tribunal correctionnel de Nice dans l'affaire qui l'opposait au Parc du Mercantour, a été condamné à 4.000 euros d'amende et 4 mois de prison avec sursis, rapporte l'association Eleveurs et Montagnes (E&M).

« Je suis soulagé que ça soit fini, a indiqué l'éleveur à l'issue du procès. Je suis condamné et je vais payer. Mais si la prédation continue comme ça, j'arrêterai le métier. Ça fait 30 ans que je suis éleveur et que je garde en montagne. Ce n'est pas une vie de supporter le stress sans arrêt. Aujourd'hui, il y a atteinte à l'homme. Je suis venu là pour être libre avec mon troupeau. Moi, je ne veux pas mourir avec des chiens blancs et mon troupeau dans un parc. Je veux mourir avec mon troupeau en liberté », rapporte E&M dans un communiqué.

A sa sortie du tribunal, Yves Derbez, président d'E&M, a appelé les éleveurs à la mobilisation : « Pour un tribunal, c'est peut-être une décision clémente mais, pour nous, il est inacceptable qu'on condamne ainsi un éleveur qui a été provoqué. Nous appelons tous les éleveurs à se mobiliser davantage. Il faut vraiment qu'on se réveille. Aujourd'hui, c'est Didier Trigance qui est jugé mais demain, ça pourrait être moi, ou n'importe qui. Nous sommes très déçus de ce verdict. »

Le 8 août 2012, à Saint-Martin d'Entraunes (Alpes-Maritimes), l'éleveur avait pris à partie des représentants du Parc du Mercantour venus dresser un constat d'attaque sur son troupeau après que l'un lui a signifié qu'il préférait le loup aux moutons, rappelle E&M, en soulignant que Didier Trigance « subissait à l'époque plusieurs attaques par semaine et en a subi d'autres depuis ».