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Alpes-Maritimes - Le préfet décide de relancer les battues au loup

Alpes-Maritimes - Le préfet décide de relancer les battues au loup

Article publié par Nice Matin le mercredi 27 novembre 2013

Suspendues début octobre par le tribunal administratif de Nice, ces traques menées par des chasseurs reprennent. De manière plus limitée et encadrée

Le préfet l'avait promis quinze jours plus tôt aux milieux agricoles. Comme il s'y était engagé, il relance des battues aux loups ayant permis en septembre dernier d'éliminer deux prédateurs. Cependant, Adolphe Colrat a dû tenir compte de la suspension, début octobre par le tribunal administratif de Nice, de ses premiers arrêtés d'autorisations. Corrigeant, sans jeu de mots, le tir, il encadre plus strictement les traques confiées aux chasseurs, les place sous le contrôle direct de l'Office de la chasse. Surtout, il limite le nombre de communes concernées qui passent de trente à quatorze*. « On s'est inspiré, explique un de ses chefs de service, Hervé Brunelot, des arrêtés des Alpes-de-Haute-Provence qui ont été validés par le tribunal de Marseille ».

« Le compte n'y est pas »

Tout en prenant acte de la bonne volonté de l'État, les éleveurs font grise mine. « Le compte n'y est pas », résume Jean-Philippe Frère, vice-président de la Chambre d'agriculture, très impliquée dans le dossier au côté de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs. « Alors que les pertes en moutons seront équivalentes à celles de l'année noire de 2012, le nombre de loups tués risque de ne pas être supérieur. D'ici la fin de l'année, les battues ne pourront se dérouler dans d'importantes zones d'attaques ».

Sur ce dernier point, la préfecture envisage d'ouvrir aux chasseurs les secteurs de la Haute-Roya et du Cians. Mais pas celui de la Haute-Tinée, comme le réclament des milieux agricoles prêts à relancer la fronde de l'été. « En coordination avec les départements voisins, confirme Jean-Philippe Frère, nous réfléchissons à de nouvelles actions de protestation ».

>>INFOGRAPHIE. Le loup reprend du poil de la bête dans les Alpes-Maritimes

La justice de nouveau saisie

Dans le camp adverse, la détermination parait aussi forte. Au nom de l'Association de défense des animaux sauvages (ASPAS), Me Benoit Candon va saisir à nouveau la justice administrative. Il va attaquer deux des trois arrêtés préfectoraux. « On ne vise pas celui concernant La Vésubie, secteur concentrant effectivement une proportion importante d'attaques », explique l'avocat. L'ASPAS comme d'autres associations soutiennent que les battues à l'encontre d'une espèce protégée sont illégales. Elles estiment représenter une grande partie de l'opinion publique, sur la foi d'un sondage affirmant que « 80 % des Français sont opposés à l'éradication du loup et que 76 % pensent que l'animal a toute sa place dans la nature ».

*Soit Saint-Martin-Vésubie, Roquebillière, Belvédère, la Bollène, Moulinet, Lucéram, Sospel, Bézaudun, Caussols, Cipières, Courmes, Coursegoules, Gourdon et Saint-Vallier-de-Thiey