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Loup dans le Nord meusien troupeaux attaqués au sud

Loup dans le Nord meusien - troupeaux attaqués au sud

Article publié par le Républicain Lorrain le 4 décembre 2013

« Ce n'est pas un chien ! » Un loup a été aperçu dans le Nord meusien en fin de semaine dernière. Dans le même temps, des attaques de troupeaux ont été signalées dans le sud du département.

«Une tête fine, des oreilles et un museau pointu, haut sur pattes ». Pas de doute pour Jean Gianelli, l'animal qu'il a croisé sur le bord de la route entre Milly-sur-Bradon et Dun-sur-Meuse dimanche à 18h30 était bien un loup. « Je revenais de Dun, je rentrais chez moi. On était en voiture avec ma femme et on l'a vu qui marchait devant nous, il avançait dans le même sens que nous », raconte-t-il. « Dans un premier temps, on a cru que c'était un chien errant ou un chien de chasse qui s'était perdu ».

Mais en se rapprochant, les Gianelli ont une tout autre appréciation de l'animal. « Quand on est arrivés à sa hauteur, on a roulé au pas, et on l'a accompagné comme ça pendant une vingtaine de mètres ». Dans un premier temps, Jean Gianelli a gardé cette histoire pour lui. Mais très vite, l'habitant de Milly-sur-Bradon s'est rendu compte que dans son village et aux alentours, de nombreuses personnes avaient croisé la route du loup dans les mêmes circonstances. À commencer par ses voisins, mais aussi le buraliste de Dun, le conseiller général Alain Plun. Lequel a prévenu les services de gendarmerie. De sa rencontre avec le loup, Jean Gianelli garde plutôt un bon souvenir « j'ai été agréablement surpris », confie cet amoureux de la nature.

Une habitante de Mont-devant-Sassey raconte comment elle a, elle aussi, aperçu l'animal, alors qu'elle était en voiture avec son époux et ses enfants. « On nous a fait des appels de phares pour nous prévenir et quand on l'a vu on s'est dit, ça, vu sa taille, ce n'est pas un chien ». En rentrant chez elle, elle a même partagé l'information sur Facebook pour savoir si d'autres personnes avaient fait la même rencontre. « Un contact m'a dit, tu n'es pas toute seule, moi aussi je l'ai vu ».

Le petit village de Milly-sur-Bradon a déjà connu par le passé la présence du loup sur ses terres. Au XIXe siècle, une fermière avait été dévorée dans les bois. À l'endroit où s'est joué le drame, on trouve encore aujourd'hui ce que les habitants appellent « la pierre au loup ».

Dix bêtes tuées

Dans le Sud meusien, on crie aussi au loup, les agriculteurs surtout. Si dans ce secteur proche des Vosges, personne ne l'a vu, nombreux sont au courant des ravages qu'il a pu faire dans les troupeaux de moutons.« On est à une dizaine de bêtes tuées », explique Christian Dachelet, le directeur de la FDSEA 55. Après Vouthon-Bas et Montigny-lès-Vaucouleurs, il vient une nouvelle fois de sévir. A Mandres-en-Barrois cette fois où, dans la nuit de vendredi à samedi, il s'en est pris à cinq brebis sur les onze que compte le troupeau d'un agriculteur à la retraite. Une brebis a totalement été dépecée, une autre a dû être euthanasiée et les trois autres ont été soignées pour des blessures au cou.

Sans formellement affirmer que ces agressions sont l'œuvre du loup, à chaque fois l'expert de l'office national de la chasse et de la faune sauvage a fait les mêmes conclusions « loup non exclu ». Une situation qui devient invivable pour nombre d'agriculteurs. A tel point que la FDSEA va demander un rendez-vous avec la préfète de la Meuse afin qu'elle autorise les tirs lors de battues de grands gibiers, comme les tirs d'effarouchement qui sont autorisés depuis l'été dans le Jura.
Léa BOSCHIERO et Karine DIVERSAY.